»Le pouvoir au féminin – Marie-Thérèse d’Autriche ( 1717-1780), L’impératrice reine » de Elisabeth Badinter

Titre VF : Le pouvoir au féminin – Marie-Thérèse d’Autriche (1717-1780), L’impératrice reine

Auteur : Elisabeth Badinter

Edition Flammarion, 2016.

Genre : Historique

 » Je ne suis pas habile à régner ni à dominer, et je n’ai rien trouvé d’autre que de me tenir debout.  »

Résumé :

 » Les Français connaissent mal celle qui fut la mère de Marie-Antoinette. Pourtant, Marie-Thérèse d’Autriche (1717-1780) est l’une des grandes figures tutélaires de son pays. Je l’ai découverte par sa correspondance privée, dans laquelle elle se révèle guerrière, politique avisée, mère tendre et sévère.

Mais cette mère-là n’est pas n’importe laquelle, c’est une femme au pouvoir absolu, hérité des Habsbourg, qui régna pendant quarante ans sur le plus grand empire d’Europe. Et, ce faisant, elle eut à gérer trois vies, parfois en opposition les unes avec les autres : épouse d’un mari adoré et volage, mère de seize enfants, souveraine d’un immense territoire.

Cette gageure qu’aucun souverain masculin n’eut à connaître, j’ai voulu tenter de la comprendre : qui fut cette femme et comment elle put – ou non – concilier ses différents statuts. Prendre la mesure, en somme, de ses forces et faiblesses, de ses priorités et inévitables contradictions.

Ce portrait, qui puise à des sources abondantes et souvent inédites, ne saurait être exhaustif : Marie-Thérèse garde bien des mystères. Cette femme incomparable en son temps, qui inaugure une nouvelle image de la souveraineté et de la maternité, ressemble, sous certains aspects, aux femmes du XXIeme siècle.  »

Avis :

Elisabeth Badinter, femme profondément engagée pour la cause féminine traite ici d’une femme méconnue : Marie-Thérèse Walburge Amélie Christine de Habsbourg, ou Marie-Thérèse d’Autriche, la mère de la future Marie-Antoinette. Si nous connaissons aujourd’hui plus la fille, le destin de sa génitrice est tout aussi impressionnant si ce n’est plus.

Une vie atypique qui commença dès son enfance lorsque son père, l’empereur Charles VI qui n’avait pas de fils, la désigna roi à sa suite et non reine, car la dénomination ne valait, à cette époque, que pour l’épouse du souverain. C’est ce qu’on l’on appelle  »la pragmatique sanction » qui vise l’aîné des enfants, quel que soit son sexe, à gouverner. Un titre qui lui donna des responsabilités et un amour inestimable pour son pays. Une femme à la seule tête d’un pays pour le XVIIIeme siècle, c’est peu commun ! Son mariage est également atypique car elle fera un mariage d’amour avec François-Etienne de Lorraine. Un amour passionnel qui lui vaudra bien des railleries, car l’homme n’est pas apte à gouverner, mais un amour qui défiera tout et surtout le temps incertain, les guerres et la perte de nombreux enfants.

Un livre traitant de la façon dont Marie-Thérèse rempli son rôle de reine, de femme et de mère. La façon dont elle utilise se que la philosophe Elisabeth Badinter nomme  »les trois corps de la reine ». En effet, à l’époque, la tradition voulait que le roi est un corps mortel et un corps spirituel incarnant le pouvoir de gouverner. A la mort d’un souverain le corps spirituel se transmet dans son successeur, d’où l’adage  »le roi est mort, vive le roi ! ». Mais ici, ce ne serait plus deux mais bien trois corps que Marie-Thérèse incarnerait, car étant femme elle porte le pouvoir maternel. Une fonction de plus qu’elle assumera pleinement et qui la démarquera des femmes de son temps, car elle ne se soustraira pas au rôle de mère ni à celui de mère de sa patrie.

C’est également un livre sur la politique de l’Autriche au XVIIIeme siècle. L’auteur détaille les secrets et manipulations des différents chefs d’états et suivants à l’aide d’une correspondance abondante retrouvée dans les archives. En effet, Marie-Thérèse eu du mal à se faire reconnaître comme souveraine par les états voisins, ce qui conduisit Frédéric II de Prusse à déclencher  »la guerre de Succession d’Autriche ». Un conflit qui durera quasiment la totalité de leur vie, entre armistice et reprise des combats. Un livre historique qui peu s’avérer complexe, car nous suivons les intrigues de cour et la politique de l’état parfois dans ses détails les plus infimes. Mais il est fort intéressant de se rendre compte que la société n’a pas tant changé ! Un constat écrasant de vérité…

Plus qu’un simple portrait, c’est une vision de la femme à une époque où son rôle était moindre, qui est dépeinte. C’est le pouvoir qu’une femme peut apporter à la tête d’un pays et les obstacles qu’elle doit subir du fait de son sexe. Une place qu’elle doit acquérir comme un homme pour se faire accepter en tant que femme. Quelles conclusions en tirer ? Que depuis tout ce temps, les choses se passent toujours ainsi. Le fait est, certes, amoindri, mais certains milieux restent fermés aux femmes. Montrons leur qu’ensemble nous pouvons faire des merveilles !

En bref, un livre qui met en lumière une femme qui joua un rôle prépondérant pour l’Autriche au XVIIIeme siècle. Un livre féministe décrivant une femme aux multiples facettes qui incarne avant l’heure l’essence même de notre société contemporaine !

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8 réflexions sur “ »Le pouvoir au féminin – Marie-Thérèse d’Autriche ( 1717-1780), L’impératrice reine » de Elisabeth Badinter

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  3. J’ai beaucoup lu sur Marie Antoinette mais je ne connais pas du tout sa mère alors ta chronique me donne envie de la découvrir et si en plus c’est écrit par Badinter!

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