Topobiblioteca fait son cinéma – Été et Automne 2017

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Loin de la foule déchaînée de Thomas Vinterberg ( 2015 ) :

Dans la campagne anglaise de l’époque victorienne, la jeune Bathsheba Everdeene souhaite diriger seule la ferme léguée par son oncle. Elle ne veut accepter l’aide d’aucun homme et se marier par amour et non par devoir. Pourtant trois hommes vont laisser une empreinte capitale dans son existence.

Une adaptation du roman de Thomas Ardy plus contemporaine qu’il n’y paraît ! Le réalisateur met véritablement l’accent sur le personnage féminin, plutôt que sur les hommes qui traversent sa vie, montrant ainsi que c’est elle le personnage principal de l’histoire et qu’elle souhaite faire ses choix par elle-même. Les costumes participent également de cet aspect moderne. Point de robe à crinoline, mais du cuir et des étoffes légères pour travailler. Un parti pris fort agréable !

La vie d’Adèle de Abdellatif Kechiche ( 2013 ) :

La vie d’Adèle est un film dont on a beaucoup entendu parler, en raison des divers polémiques et de sa palme d’Or. J’ai eu envie d’attendre avant de le visionner, de me donner le temps et l’envie.

Le scénario est adapté de la bande-dessinée, Le bleu est une couleur chaude, de Julie Maroh.

La vie d’Adèle, lycéenne, va basculer le jour où elle rencontre Emma, une énigmatique jeune-femme aux cheveux bleu. Le film ne traite pas tant de l’homosexualité que de l’amour qui entre dans nos vies au moment où on s’y attend le moins et pour lequel nous sommes prêts à tout. Nous suivons Adèle du lycée jusqu’à ses premières années d’enseignement. Ses amours, ses déboires, Emma et sa vie professionnelle.

Un film d’un grand naturel, le réalisateur laisse une place importante au gros plan sur les visages, les bouches et les yeux. Les corps nus, dans l’abandon ou dans l’amour, ne sont pas sublimés plus qu’il ne le faut. La recherche esthétique ne prime pas, le naturel si et c’est ce qui rend ce récit si humain et si vivant.

Seven Sisters de Tommy Wirkola ( 2017 ) :

Nous sommes en 2073, la Terre est surpeuplée et le gouvernement a instauré la politique de l’enfant unique. Pourtant, un homme va cacher l’existence des années durant de ses 7 petites-filles. Chacune sort un jour par semaine et toutes ont une seule et même identité : Karen Settman. Tout bascule lorsque Lundi disparaît et que leur secret est menacé.

Un film qui nous fait nous poser des questions sur la façon dont nous vivrons prochainement. Un film parfois inégal dont il faut tout de même saluer l’aspect technique.

Mother ! de Darren Aronofsky ( 2017 ) :

Ayant été bouleversé à l’adolescence par Requiem for a dream et plus récemment ayant beaucoup aimé Noé qui était certes plus classique dans sa construction, j’ai eu envie de découvrir son dernier né : Mother !, une réécriture moderne de la Bible, au frontière de l’horreur et du thriller.

C’est un film long et lent, dans lequel la moindre péripétie, le moindre acte, prend une importance capitale ce qui aurait pu donner un long métrage hypnotisant. Le soin de l’image et de l’ambiance est à saluer, mais malheureusement le film se perd dans un dédale de longueurs qui ne font pas avancer l’intrigue et nous donne envie d’une accélération bienvenue qui n’arrivera pas. Une surenchère de gore et d’effets visuels noient le propos.

Nous sommes loin de la puissance de ses précédents films…

La mante religieuse de Natalie Sarocco ( 2014 ) :

Jézabel, nom d’une pécheresse mentionnée dans la Bible, qui détournerait les serviteurs de Dieu vers le chemin du vice, souhaite à tout prix faire tomber sous sa coupe le prêtre David, qui à officié à l’enterrement de son père.

Mylène Jampanoï est fascinante, son regard hypnotisant est parfait pour ce rôle et les mouvements de caméra, à l’aide de gros plans sur son visage donne une ampleur bienvenue à son personnage. En dehors de ces quelques moments, le reste du film nous laisse dans une indifférence rare. Les personnages sont torturés mais nous ne savons à aucun moment pourquoi, nous n’apprenons rien d’eux, la sensibilité est donc rendue beaucoup plus difficile. Le jeu est approximatif et même si certaines scènes relèvent le tout, elles restent trop anecdotiques pour en profiter pleinement. Le scénario est classique et cela donne un film dont on peu se passer…

Room de Lenny Abrahamson ( 2016 ) :

Room conte l’histoire de Jack et Joy, sa maman, séquestrés dans une chambre depuis des années. Mais désormais Jack à 5 ans et n’est plus un enfant, sa maman lui confie alors une mission : celle de faire croire au grand méchant Nick qu’il est mort, afin de sortir de la chambre et d’alerter quelqu’un sur leur situation.

Un film différent de ce que l’on peut voir habituellement sur les enlèvements. Ici, nous sommes centrés sur les personnages séquestrés et non sur leur entourage à l’extérieur. Il s’est passé du temps depuis la tragédie et Joy à toujours expliqué à Jack que derrière la chambre il n’y avait rien que l’espace, afin de le protéger. Mais son anniversaire re-déclenche en elle l’envie de s’enfuir. Le spectateur est pris dans l’étau de la chambre avec les protagonistes, nous pensons comme eux et assistons malgré l’ampleur de ce qui nous est montré, à de beaux moments de fou rire avec Jack qui est un petit garçon très inventif. Lui ne sait pas ce qu’il y a à l’extérieur, nous constatons alors le regard de Joy, qui, elle, sait ce qu’ils perdent.

Jack est la force du film, c’est le personnage moteur par qui tout arrive : l’envie de s’enfuir, la possibilité de le faire et enfin le salut au dehors. C’est une formidable ode à la vie !

De plus, nous ne laissons pas les personnages une fois dehors, nous les suivons dans leur apprentissage de la vie à l’extérieur car le happy-end n’est pas uniquement la sortie, c’est bien plus que cela et c’est là toute la puissance du scénario.

Beaucoup de plans serrés sur le visage des personnages ou sur l’espace restreint de la chambre, qui entre dans tout le cadre du plan, transmettent aux spectateurs la sensation d’enfermement. Les premiers plans de l’extérieur qui nous sont donnés, sont par le regard de Jack et c’est le ciel qu’il voit du camion de grand méchant Nick : la liberté est à portée de main, va-t-il saisir sa chance ou avoir peur et reculer ? La vie n’est-elle pas cette éternelle question ?

Visages Villages de JR et Agnès Varda ( 2017 ) :

Visages Village est un film particulier qui donne à voir l’art en construction. En effet, le photographe JR et la réalisatrice phare de la Nouvelle Vague, Agnès Varda, femme de Jacques Demy, s’associent pour photographier les visages des gens et les coller sur un mur qui les représentent. Exemple : un agriculteur sur le mur de son hangar ou des femmes de dockers sur les conteneurs des docks. Une initiative qui nous fait nous rendre à l’évidence que nous vivons à côté de personne sans les regarder et sans nous préoccuper de leur existence, qui pourrait tant nous apporter si nous faisions l’effort.

Mais c’est aussi un film sur la façon dont un artiste, consciemment ou non, met de lui dans son œuvre. C’est un film sur JR qui garde son chapeau et ses lunettes à la façon d’un Godard et sur une Agnès Varda malvoyante. Ils se mettent en scène eux-même parlant de ce qu’ils vont faire pour leur film à l’intérieur même de celui-ci. Une magnifique mise en abyme de l’art, de cette matière que l’on modèle, que l’on façonne, pour en faire quelque chose.

Un film, un documentaire, une œuvre d’art toute en douceur et en naturelle…

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7 réflexions sur “Topobiblioteca fait son cinéma – Été et Automne 2017

    • Depuis que j’ai vu le film, j’a très envie de découvrir la plume de Hardy ! =)
      Oui j’aime bien voir un peu de tout, c’est comme pour la littérature, j’aime diversifier les genres. Je trouve cela très enrichissant !

  1. Pingback: Bilan du mois de Novembre 2017 et Dans la hotte de Charlotte | Topobiblioteca

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