»Titus n’aimait pas Bérénice » de Nathalie Azoulai

Titre VF : Titus n’aimait pas Bérénice

Auteur : Nathalie Azoulai

Editions Folio, 2016. ( éditions P.O.L, 2015 )

Genre : Littérature contemporaine, biographie

Prix Médicis 2015.

 » Je l’aime, je le fuis. Titus m’aime, il me quitte.  »

Résumé :

 » Titus n’aimait pas Bérénice alors que Bérénice pensait qu’il l’aimait.

Titus est empereur de Rome, Bérénice, reine de Palestine. Ils vivent et s’aiment au Ier siècle après Jésus-Christ. Racine, entre autres, raconte leur histoire au XVIIeme siècle. Mais cette histoire est actuelle : Titus quitte Bérénice dans un café.

Dans les jours qui suivent, Bérénice décide de revenir à la source, de lire tout Racine, de chercher à comprendre ce qu’il a été, un janséniste, un bourgeois, un courtisan. Comment un homme comme lui a-t-il pu écrire une histoire comme ça ? Entre Port-Royal et Versailles, Racine devient le partenaire d’une convalescence où affleure la seule vérité qui vaille : si Titus la quitte, c’est qu’il ne l’aime pas comme elle l’aime. Mais c’est très long et très compliqué d’en arriver à une conclusion aussi simple.  »

Avis :

Nous sommes en présence d’un Titus des temps modernes, mettant un terme à sa relation avec Bérénice, pour retrouver ses enfants et sa femme, Roma. Bérénice décide donc de plonger dans la lecture des œuvres de Racine afin de comprendre les sentiments humains et la passion, de remonter aux origines de la Bérénice de Racine. Voir si, lui, n’aurait pas vécu cela pour s’en inspirer. Nous plongeons alors dans la vie de Racine entièrement, jusqu’à en oublier notre Bérénice du début, qui ne resurgira qu’à la fin, pour un passage éclair, dont on peine à comprendre les tenants et aboutissants.

 » Le chagrin vous jette dans un courant puissant parce que tous les mouvements de votre cœur visent à ranimer une chose perdue, morte. Il me semble parfois y dépenser toutes mes forces et me retrouver le soir mort à mon tour, exsangue. Incapable de reprendre la lutte le lendemain.  »

Un livre multiple qui s’égare peut-être dans ses différentes arcanes. Nous sommes, au début du récit, dans un banal chagrin d’amour, puis nous passons sans transition à une longue biographie de Racine.

Une biographie, forte intéressante au demeurant, mais dont le lecteur peine à voir où cela va le mener, avant de se laisser porter. Et c’est bien là le problème, nous nous laissons porter. Si ce récit nous en apprend énormément sur Jean, puisque jamais il n’est nommé Racine, comme une jolie façon de nous le rendre plus proche, elle n’est que cela : une biographie. Un journal fictif sur la vie de cet homme énigmatique, dont on sait finalement peu de choses. L’auteur nous propose donc de revenir sur sa formation à l’abbaye de Port-Royal, ses heures de solitude à traduire avec ses maîtres les grands auteurs grecs et latins. Puis sa découverte de Paris et du théâtre, sa vie dissolue, sa fidélité au Roi qu’il considérera comme un frère. Sa recherche d’une langue pure et d’une pièce qui ne reposerait sur rien ou si peu. Ses vers décadents et ses personnages si puissants.

 » Lui, ce qu’il aime, c’est faire des pièces bâties sur des actions simples, sans coups de théâtre ni machinerie, rendre ce froid qui transit l’âme et la conduit au massacre. Des tragédies sur presque rien pour qu’on écoute chaque tirade comme la seule, la dernière, et qu’à son théâtre on soit comme à la messe ou devant un condamné à mort, nu sous le ciel.  »

L’auteur prend des libertés avec la vérité historique puisque peu de choses nous sont parvenus. C’est pour elle une manière de coller à son sujet : la façon dont les passions amoureuses régissent nos vies. Car elle fait prendre conscience à sa narratrice que lorsqu’on parle de chagrin amoureux, c’est toujours en citant Racine. Mais pourquoi lui ? Qu’a-t-il de plus de plus ? Juste une observation plus perçante que les autres ou a-t-il vécu lui aussi ce déchaînement de passion ?

En bref, Titus n’aimait pas Bérénice est un livre qui aurai pu conter l’histoire du chagrin d’amour Racinien mais qui se perd dans les détails d’une simple biographie.

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10 réflexions sur “ »Titus n’aimait pas Bérénice » de Nathalie Azoulai

  1. Pingback: Index par auteur ( nom de famille ) : de A à K | Topobiblioteca

  2. Le récit aurait pu être intéressant… Quête de l’autre à travers des lectures. Mais bon, Merci pour la présentation. Je ne lirai pas ce livre en priorité! 🙂

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