Les éditeuriales – Poitiers, Avril 2015

Ce mois d’avril voit le lancement des éditeuriales à Poitiers (86), un salon du livre innovant présentant une maison d’édition et ses auteurs. Pendant deux semaines, différentes conférences suivies de séances de dédicaces, présentent le fonctionnement de la maison d’édition Julliard, ainsi que leurs auteurs, leurs livres et leurs modes d’écriture.

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Le lancement s’est fait avec la présence de la directrice de la maison d’éditions, Betty Mialet ainsi que Jean Teulé, pour présenter son nouveau roman Héloïse, ouille !.
Betty Mialet explique qu’elle dirige Julliard avec Bernard Barrault, qu’ils ont repris depuis 20 ans. Ils travaillent avec des auteurs qu’ils découvrent dès le premier manuscrit pour leur donner une chance et construire un véritable lien d’affection et de logique dans leur œuvre. Elle écoute les auteurs, les aiguillonne, les conseille afin qu’il se sentent en confiance dans leur travail.

Je vais ensuite vous résumer quelques unes des conférences présentées au sein de ce salon. Je n’ai malheureusement pas pu assister à l’ensemble de celles-ci mais voici un petit aperçue :

Jean Teulé et Héloïse, ouille ! :

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Ce dernier roman de l’auteur se concentre sur l’histoire d’amour entre Héloïse et Abélard, au 12eme siècle, mais là où nombres de récits avant lui se sont extasiés sur leur amour pur et inconditionnel, Jean Teulé, lui, explore la passion sexuelle qui animait les deux amants. Basé sur la correspondance authentique de l’abbé et l’abbesse, l’auteur s’est documenté pendant six mois, pour pouvoir insérer la vie quotidienne de l’époque, le vocabulaire et ainsi en faire un roman populaire, même si il y a une grande documentation.
Héloïse est le personnage principal de cette passion selon Jean Teulé, et explique qu’elle est considérée comme la première féministe de France, car elle était très moderne. Il n’a pas forcé le trait au sein du livre, elle était réellement directe et crue dans ses propos, que l’on retrouve dans sa correspondance avec son amant. Elle souhaitait être l’égale de l’homme et pour une abbesse ne donne pas un prénom chrétien à l’enfant qu’elle a avec Abélard, et surtout évoque qu’elle ne croit pas en Dieu. Une héroïne résolument moderne !
Si Jean Teulé écrit sur la vie sexuelle d’Héloïse et Abélard, il souhaitait surtout au départ s’essayer à l’écriture de ce genre de scènes de façon joyeuse et non plan-plan comme dans des récits érotiques en vogue ! Il insère un côté burlesque au texte, mais explique que c’est véritablement ce qu’il a trouvé dans les écrits des deux amants, un humour très présent.
Je vous laisse sur ce qui a fondé la légende des deux amants : enterrés au Père Lachaise, l’anecdote veut que lorsque le corps d’Héloïse a été inséré dans le cercueil, les bras d’Abélard se sont refermés sur elle pour une étreinte éternelle.

 
Philippe Besson et Vivre vite :

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Si Philippe Besson n’a pas toujours été écrivain, le rapport aux mots et à la lecture, lui, a toujours été présent, de part une correspondance tout d’abord qui lui a donné comme il le dit  »le geste d’écrire ».
En l’absence des hommes est son premier roman, lorsque la question de choisir un éditeur s’est posée, le meilleur choix, pour lui, est un éditeur avec qui le courant passe, et c’est sur Julliard que son verdict est tombé.
Il explique qu’il écrit par hasard, comme  »un schizophrène » pour pouvoir investir totalement le personnage, et travaille à partir de photographies afin de les faire parler. Il écrit par élan.
La question de la famille revient souvent dans ses romans, mais il ne sait pas très bien lui-même son origine. Il préfère inventer des histoires que conter sa propre vie, car il aime incarner un autre être. L’Amérique est également un de ses sujets de prédilections, puisqu’il y a vécu cela nourrie donc son écriture. De plus il aime cette culture, il apprécie Hopper, le cinéma classique Hollywoodien, et affectionne utiliser les clichés de cet Amérique, comme James Dean, pour son dernier roman. Ce dernier incarne, selon l’auteur, l’Amérique des années 50 et la prise de pouvoir de la jeunesse.
Vivre vite est un roman et non une biographie de l’acteur comme l’explique Philippe Besson, on y retrouve d’ailleurs les sujets favoris de l’auteur, l’Amérique, la question de la famille, car pour l’écrivain c’est la mort de sa mère enfant, qui est le déclencheur de la vie de Dean. Il fait alterner 30 voix, dont une inventée et 20 témoins ne se sont jamais exprimés sur James Dean. Puisque les témoignages étaient fragmentaires, il souhaitait les lier par leur sentiment, même si ils existent en tant que personnages à part entière. Il à d’abord accumulé les informations pour pouvoir les dépasser, faisant un travail de romancier et non de journaliste.

 
Mazarine Pingeot et Les invasions quotidiennes :

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Écrire était, pour elle, un rêve d’enfant…
Ses premiers romans sont des romans sur la jeunesse, et au départ elle cherchait les sujets les moins commerciaux possibles. Betty Mialet explique qu’elle souhaitait être publié très jeune, et qu’elle lui à conseillé d’attendre. Nous sentons une grande complicité entre les deux femmes et c’est pour Mazarine Pingeot primordiale, car elle souhaite pouvoir avoir confiance en son éditeur.
Pour Bouche cousue, elle s’autorise à raconter son histoire. Comme elle l’exprime, elle pourrait l’écrire éternellement, car elle mûrie, évolue et retrouve constamment des bribes de son enfance.
Lors de l’écriture, elle se pose toujours la question de la bonne distance à adopter, car ce qu’elle conte est personnel mais rejoint l’universel. Dans son œuvre, il est toujours question des origines, sous différentes formes, mais le sujet est présent.
Elle fait son entrée dans la comédie, avec Les invasions quotidiennes, qui abordent des thèmes graves et quotidien, dans un registre comique.
Mais Mazarine Pingeot n’est pas seulement écrivain, elle est également critique, et sous ses deux casquettes elle tente d’être la plus honnête possible, car  »On ne peut pas tricher avec la littérature… » dit-elle. De plus, son travail de critique et d’écrivain sont complémentaires car elle lit beaucoup, et pour elle,  »écrire est comme une réponse à la lecture… »

 
La nouvelle génération des auteurs Julliard :
Sophie Brocas et Le cercle des femmes :

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A travers une histoire de famille et de femmes sur quatre générations, l’auteur souhaitait conter l’histoire et le statut des femmes en constante évolution. Le personnage principal est une jeune femme d’une vingtaine d’années, qui découvre la correspondance de son arrière grand-mère. Le livre parle des traumatismes et de ses conséquences.
Elle apprécie que le lecteur découvre certaines choses sur son texte qu’elle n’avait pas conscience d’avoir écrit, comme elle le dit  »le texte est plus fort que l’écrivain. »
Le cercle des femmes est son premier roman, ce que Betty Mialet a aimé au sein de son écriture est une certaine fraîcheur dans ses mots collant parfaitement au personnage principal de son histoire.

 

Samuel Doux et Un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires :

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Ce roman est le deuxième de l’auteur, reprenant le même personnage principal que dans Dieu n’est même pas mort, Elias. Ici ce dernier retrouve son père après 17 ans d’absence, mais son paternel ne le reconnaît pas. Elias va donc le suivre jusqu’à la reconnaissance attendue…
L’auteur explique qu’il a écrit plusieurs jets de cette histoire, le premier récit se clôturait sur la colère, ce que l’éditrice ne souhaitait pas, voulant l’acceptation. Retravailler le texte à donc fait évoluer l’auteur et la personne-auteur également, peut-on penser. Elias doit reconnaître son père et se faire fils pour aller de l’avant.
Samuel Doux a commencé à écrire avec le suicide de sa grand-mère, son personnage d’Elias est né à ce moment là, qui est, comme le dit l’auteur, une sorte de double de lui-même.

 
Murielle Magellan et N’oublie pas les oiseaux :

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N’oublie pas les oiseaux est son troisième roman, proche de son histoire personnelle, mais elle le nomme  »roman » car l’histoire est romanesque, de plus le regard qu’elle lui porte est celui d’un roman. L’intrigue se centre sur une étudiante de 17 ans, tombant sous le charme de son professeur qui à 25 ans de plus qu’elle. Quelques années plus tard, elle retombe sur cet homme, et elle va, avec lui, vivre une histoire d’amour et d’amitié sous toutes les formes que se soient. Le personnage principal devient femme à son contact, c’est une éducation sentimentale.
Elle a inséré des notes de ses journaux intimes, car elle ne voulait pas édulcorer l’histoire mais la conter avec justesse, car au départ, elle souhaitait juste écrire ses souvenirs pour que son fils sache qui était son père. Puis la romancière s’est éveillée en elle, et même si ces deux premiers livres sont des fictions, le même travail s’est effectué pour celui-ci. Comment dire le réel ?

 

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Une réflexion sur “Les éditeuriales – Poitiers, Avril 2015

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