»Juste une ombre » de Karine Giebel

Titre VF : Juste une ombre
Auteure : Karine Giebel
Editions Pocket, 2013 (Editions Fleuve Noir, 2013, pour l’édition grand format)
Genre : thriller
Prix Marseillais du Polar 2012, et Prix polar francophone au festival du polar de Cognac 2012.

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 »La mort n’est pas une fille facile. Elle se refuse à ceux qui la veulent, se donne à ceux qui la repoussent. »

Résumé :
 » Tu te croyais forte. Invincible. Installée sur ton piédestal, tu imaginais pouvoir régenter le monde. Tu manipules ? Tu deviendras une proie. Tu domines ? Tu deviendras une esclave. Tu mènes une vie normale, banale, plutôt enviable. Tu as su t’imposer dans ce monde, y trouver ta place.
Et puis un jour… Un jour, tu te retournes et tu vois une ombre derrière toi. À partir de ce jour-là, elle te poursuit. Sans relâche. Juste une ombre. Sans visage, sans nom, sans mobile déclaré. On te suit dans la rue, on ouvre ton courrier, on ferme tes fenêtres. On t’observe jusque dans les moments les plus intimes. Les flics te conseillent d’aller consulter un psychiatre. Tes amis s’écartent de toi. Personne ne te comprend, personne ne peut t’aider. Tu es seule. Et l’ombre est toujours là. Dans ta vie, dans ton dos. Ou seulement dans ta tête ? Le temps que tu comprennes, il sera peut-être trop tard…
Tu commandes ? Apprends l’obéissance. Tu méprises ? Apprends le respect. Tu veux vivre ? Meurs en silence…  »
Mon avis :
L’histoire de Juste une ombre, c’est une histoire qui commence de façon banal. Une femme est suivie jusqu’à sa voiture après une soirée entre amis. Une ombre se glisse près d’elle, mais lui laisse son sac et sa vertu, peut-être la frayeur est-elle la pire des maux, puisqu’elle est psychologique et que rien ne peut empêcher nos peurs de resurgir du plus profond de nous-même. A présent, pour Cloé rien ne sera plus comme avant : c’est désormais elle contre Lui, cette ombre qui la suit jour et nuit.
Karine Giebel détail avec intérêt les méandres de nos peurs, les petits rien qui font pourtant un tout, la psychologie de l’effroi, le mécanisme qui va prendre de l’ampleur jusqu’à terroriser et enfin ne plus pouvoir voir la réalité de la chimère. Cette ambiguïté est d’ailleurs particulièrement bien pensée, puisque le lecteur se demande si lui aussi n’est pas en train de croire une illusion, un simple rêve, qui n’est autre qu’un cauchemar, un si simple cauchemar qui reste tout de même bien réel même après le réveil. Vous ne trouverez pas de cadavres ensanglantés à toutes les pages, mais c’est bien plus la psychologie, la noirceur de l’âme qui est décrite ici et qui donne une ambiance oppressante au livre. Cette dernière est d’ailleurs communicative au lecteur, qui se sent lui-même mal, qui se remémore son quotidien qui a déjà été confronté aux peurs que Cloé ressent. C’est une douleur primaire qui chacun a au plus profond de lui-même, tapis au creux de soi.

 »Juste une ombre… J’entends mon cœur. Je le sens. Curieux comme on peut sentir son cœur, parfois. Alors que la plupart du temps on ne fais pas attention à lui. »

Les personnages sont complexes et le lecteur ressent des sentiments ambiguë et mitigés pour eux. L’héroïne, Cloé, est très exigeante avec son entourage, c’est une femme forte, qui veut une place dans la société. Tant qu’aux personnages secondaires, ils sont tous plus ou moins bons, plus ou moins justes. Mais ils sont humains, et un humain n’est ni tout noir, ni tout blanc, c’est ce qui rend les personnages vraiment plaisant à suivre, puisque nous comprenons leurs motivations, chacun à un but, une envie à conquérir et va tout faire pour rendre sa vie meilleure en atteignant ce qu’il vise.

Ici la plume devient acerbe, tranchante, les phrases sont courtes et intenses, et j’aime cette manière de faire passer les sentiments d’effroi et de peur. J’ai été touchée et transportée aux côtés de Cloé, durant ma lecture plusieurs fois j’ai eu l’impression d’être moi même suivie, observée, prouvant que l’écriture de l’auteure est forte. Elle nous conte d’une manière familière nos peurs les plus primaires, nos doutes les plus profonds, pour en faire de véritables ennemis.

En conclusion, Juste une ombre est un thriller psychologique, loin d’être sanglant, c’est peut-être cela le véritable atout de Karine Giebel, se glisser dans nos peurs les plus secrètes…

COUP DE COEUR

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9 réflexions sur “ »Juste une ombre » de Karine Giebel

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  2. Pas sanglant ? Ca doit être tout le contraire du Purgatoire des innocents.. Ca prouve que Giebel maîtrise tous les arts d’un bon thriller. Je serais ravie de le découvrir, je pense me le réserver pour mes soirées de préparation d’exams, j’ai besoin d’une lecture entraînante pendant ces dures périodes 😛 Merci pour ta chronique, ma belle !

    • Non pas une goutte de sang dans ce roman, mais c’est même peut-être encore plus prenant, encore plus fort ! Purgatoire des innocents est sur ma liste d’achat, j’ai très envie de le découvrir si justement il y a des meurtres et du sanglant =)
      Si tu cherches un livre prenant, celui-ci est vraiment très bon ! Courage pour tes révisions, je sais que c’est dur.

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