»La garçonnière » de Hélène Gremillon

Titre : La garçonnière

 

Auteure : Hélène Grémillon

 

Edition Flammarion, 2013.

 

Genre : Littérature contemporaine

 

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 »Je voudrais avoir les pouvoirs d’une belle apparition en étant la femme de sa vie de tous les jours, de sa routine. Me métamorphoser au rythme de celles qui le charment. Devenir elle quand il est attiré par elle, l’autre quand il est attiré par l’autre. Ne pas lui infliger moi toujours moi. Me transformer au rythme de ses désirs. Les lui apporter toutes, en restant l’Unique.  » ( p. 245 )

 

Résumé :

 

 » Ce roman est inspiré d’une histoire vraie. Les événements se déroulent en Argentine, à Buenos Aires. Nous sommes en août 1987, c’est l’hiver. Les saisons ne sont pas les mêmes partout. Les êtres humains, si.  »

 

 

Mon avis :

 

L’histoire peut paraître banale au premier abord : un psychanalyste est accusé du meurtre de sa femme, clame son innocence et une de ses patiente va se mettre en danger pour prouver blancheur. Mais c’est sans compter sur le talent de l’auteure qui va sous nos yeux décortiquer l’âme humaine sous tout ce qu’elle à de plus naïf et violent à la fois. J’ai beaucoup appréciée le fait que l’intrigue est très simple au début, que justement le lecteur se pose la question de savoir ce qu’il se cache derrière cette apparente naïveté. Tout est caché sous la surface, parfois très visible, mais nous comprenons que nous sommes tous les joués de nos œillères…

 

La multiplication des points de vue offre une vision globale de l’intrigue mais seules les dernières pages nous donne accès à la vérité, et le lecteur se prend les pieds dans une intrigue où pensant comprendre les méandres, s’apercevra qu’il est tombé dans le panneau des préjugés.

 

Le seule bémol que j’ai à formuler est que j’aurais appréciée que l’auteure explique plus précisément le contexte historique de Buenos Aires, que l’on connaît très peu en général. Mais peut-être que cela aurait été un poil trop long, et il est vrai que cela n’a pas une importance primordiale dans l’intrigue, et sans petit détails tout est parfaitement compréhensible, mais j’ai ressenti le besoin d’en savoir plus.

 

 

Les personnages principaux :

 

Nous suivons Eva Maria, c’est par elle que les tenants et aboutissants de l’intrigue se font, elle est le fil conducteur entre le monde du dehors et Vittorio. Elle incarne la figure a laquelle le lecteur va se rattacher pour connaître la vérité, avant de se rendre compte qu’avec les informations partagés il peut la prendre de vitesse. Eva Maria est le genre de personnage perdue mais profondément gentil et humain, voulant sauver la veuve et l’orphelin, avant de se sauver elle-même.

 

Vittorio est la figure de l’autorité, celui qui à le savoir, mais contrairement à Eva Maria, il est beaucoup plus complexe. Il incarne le paradoxe de celui qui sait trop de choses sur l’âme humaine pour ne pas être fou lui-même.

 

 » Ce qu’il appelait son métier, c’était du voyeurisme, une curiosité malsaine, une attirance pour la part sombre de l’humanité, s’occuper seulement de braves gens n’a finalement aucun intérêt pour les psychanalystes, il faut bien dire, plus ils plongent profondément dans la mauvaise nature, dans les mauvaises herbes, plus ils se sentent exister.  » dire de lui Eva Maria.

 

Mais là encore, que l’on soit psychanalyste ou simple individu perdu dans la masse, nous ne voyons pas ce qui est sous notre toit…

 

 

Les personnages secondaires ne sont ici pas des personnages de chair et de sang, mais uniquement les transcriptions des portraits des patients de Vittorio. Ils changent suivant les points de vues du psychanalyste et d’Eva Maria, qui voit dans leur paroles parfois tout autre chose que le professionnel de l’inconscient. Cela est très réaliste puisque chaque personnages n’a pas la même relation avec ces potentiels tueurs, et l’auteure rend très perceptible chaque point de vue et ressentis.

 

 

Le style de l’auteure, est multiple dans ce livre, elle s’adapte aux différents protagonistes de l’histoire. Elle s’attache à nous faire suivre Eva Maria, cherchant le coupable du meurtre de Lisandra, mais cette femme est elle-même bouleversée par des choses qui vont entrer dans son enquête et parfois tout mélanger. L’auteure nous balade dans les différentes hypothèse d’Eva Maria, si bien que le lecteur s’imagine qu’en chaque suspect potentiel se cache réellement le tueur. Le lecteur est tellement pris par les différents scénarios qu’il va tenter de prendre Eva Maria de vitesse et de ce créer lui-même un suspect idéal.

 

Mais ce qui fait la force de l’écriture de Hélène Grémillon, se sont les mots simples qu’elle utilise pour en faire de vrai piège dans lequel le lecteur tombe sans s’en rendre compte. On lit les mots et on croit à une vérité, qui sera démenti à la ligne suivante.

 

Un véritable page-turner avec une écriture contemporaine des plus juste, parfois cru, qui s’allie à décortiquer les heurts et les faiblesses de notre temps avec des personnages tous plus humains les uns que les autres.

 

 

En conclusion, comme je n’ai pas lu le premier roman de l’auteure, Le confident, je ne peux comparer, être déçus ou plus enchantée, mais une chose est sure, ce roman m’a fait oubliée le reste durant sa lecture et m’a profondément bouleversée…

 

 

J’ai lu ce livre dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire de Priceminister, que je remercie vivement ! Et comme il faut noter les livres, voici ma note : 18/20

Gremillon

 

L’auteure :

 

Hélene Grémillon a 32 ans. Après une maîtrise de lettres et un DEA d’Histoire, elle devient assistante de programmation puis journaliste (Le Figaro, L’Avant-scène cinéma) avant de se consacrer au Confident, son premier roman.

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11 réflexions sur “ »La garçonnière » de Hélène Gremillon

  1. Pingback: C’est lundi, que lisez-vous ? ( n°33 du 25 novembre 2013 ) | Topobiblioteca

  2. Il fait parti des dernières acquisitions de la médiathèque où je travaille. J’essaierai de l’emprunter avant qu’on le mette en prêt car ton billet m’a donné envie de découvrir ce titre !

    • Ah je suis contente de t’avoir donnée envie de le lire parce que c’est vraiment un très bon contemporain. Je n’ai pas lu Le confident donc je ne peux comparer, certains ont été déçu, mais en tout cas moi, je vais surement le lire et suivre ces prochaines parutions =)

    • J’espère qu’il te plaira autant qu’à moi =) C’est vraiment un très bon livre qui nous fais balader du début à la toute toute fin, un livre qui nous fait énormément réfléchir sur nous même et notre vie…

  3. J’en ai entendu que du bien, et tu confirme le fait que je devrais le lire, on verra donc ça quand je serais bien installée et que j’aurais déballé toute ma Pal (je vais profiter du déménagement pour faire un peu de vide dans ma Pal avant de ré-investir dans de nouvelles lectures)
    Bisous !

    • J’espère vraiment qu’il te plaira, j’ai trouvée une vraie originalité dans le traitement de l’intrigue, le dénouement est très bon et on ne le sens pas venir !
      Tu as bien raison, parfois il faut savoir faire du tri et se délester de certains livres pour en acheter de tout beau tout neuf =)

    • Je reviens vers toi pour te donner mon avis n_n J’ai beaucoup aimé mais comme toi, j’aurai aimé un peu plus de contexte historique, pour apprendre davantage de choses 🙂

      • Ah je suis heureuse qu’il t’ai plu ! =) Voila pour moi aussi le contexte est le petit bémol, mais sinon le reste est impeccable ! Je vais lire ton avis =)

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