»L’amour dure trois ans » de Frédéric Beigbeder

 

Titre : L’amour dure trois ans

 

Auteur : Frédéric Beigbeder

 

Edition Le Livre de Poche, 2011 ( Editions Grasset & Fasquelle, 1997 )

 

Genre : Littérature contemporaine, Autobiographie

 

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 » Tout le problème de l’amour, me semble-t-il, est là : pour être heureux on a besoin de sécurité alors que pour être amoureux on a besoin d’insécurité.  » ( p. 75 )

 

Résumé :

 

 » La troisième année, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle : dégoûtée, votre femme vous quitte. La mauvaise nouvelle : vous commencez un nouveau livre.  »

 

 

Mon avis :

 

L’histoire se veut résolument provocatrice en abordant le thème de l’amour qui ne durerai chimiquement que trois ans. En effet qui n’a jamais rêvé d’une histoire d’amour belle et durable, Beigbeder ici, casse les codes de la littérature romantique et inverse totalement nos rêves de contes de fées.

 

 » Il y a d’abord une année de passion, puis une année de tendresse et enfin une année d’ennui.

 

La première année, on dit  »Si tu me quittes, je me TUE ».

 

La seconde année, on dit  »Si tu me quittes, je souffrirai mais je m’en remettrai ».

 

La troisième année, on dit  »Si tu me quittes, je sabre le champagne ». ( p. 25 )

 

 

Mais c’est également l’histoire de la fin d’un amour, et le début d’un nouveau. L’histoire d’un homme qui pense avoir tout perdu, mais qui se rend compte que la vie lui réserve autres choses.

 

 

L’intrigue est à la fois une fiction, mais également une autobiographie puisque Frédéric Beigbeder parle de son mariage avorté, et de la genèse du livre que l’on à dans les mains. C’est une vraie remise en question sur sa vie, et sa conception de l’amour à partir d’un personnage fictif qui l’a peut-être aidé à apporter un jugement sur ce qu’il à vécu ?

 

C’est à travers le personnage de Marc Maronnier, que Beigbeder nous fais passer ses rêves avortés, ses angoisses d’homme trentenaire célibataire, et ses retours à l’adolescence. Le lecteur sent tout de suite une grand proximité face à ce personnage qui à des réactions d’homme comme on en croiserait au coin de la rue. Mais également un sentiment d’incongruité de la situation, car Marc Maronnier nous délivre un message que l’on est peut-être pas près à entendre : des vérités sur l’amour. En effet, le monde tourne autour de la recherche du grand amour, de l’amour avec un grand A, et une fois qu’on l’a trouvé de tout ce qu’il faut faire pour le garder et se protéger des obstacles, tels que la jalousie, les proches, ou le quotidien.

 

 » La seule question en amour, c’est : à partir de quand commence-t-on à mentir ? Etes-vous toujours aussi heureux de rentrer chez vous pour retrouver la même personne qui vous attend ?  » ( p. 51 )

 

C’est un personnage anti-héros par excellence, parce qu’il se dénigre et ne fait que revenir sur ce qu’il à dit en n’assumant pas la portée de ses actes. C’est un homme, beaucoup plus réaliste qu’une simple fiction, puisque cet homme, c’est avant tout Frédéric Beigbeder.

 

 

Le style de l’auteur est très direct, un pessimisme se dégage dans la plus grosse moitié du livre, jusqu’au dernier chapitre où le personnage principal tourne la page ou du moins le tente. Marc Maronnier, ou plutôt Frédéric Beigbeder, nous donne à voir un pan de la vie, à savoir les chagrins d’amour, que chacun vie à sa façon, mais que tout le monde ressent à peut près de la même manière. J’ai aimée cette particularité chez lui, d’écrire comme si il était le seul au monde à ressentir et à voir ses choses là, comme cela, mais cette singularité feinte, nous donne à voir notre propre reflet.

 

Des parts de vérités générales sont dites dans le livre, des petites réflexions sur la vie quotidienne en rapport avec l’amour, tout cela sur un ton très cynique d’un homme qui est meurtri par ce sentiment, mais qui se blesse lui même.

 

 » Je ne saurais pas très bien définir mon style d’écriture, mais il y a toujours de l’humour. Je peux être également brutal, cynique, violent. Très potache, aussi. Ça, c’est l’influence de Frédéric Dard: j’ai lu beaucoup de San-Antonio dans ma jeunesse, j’adorais ça. Je déteste les auteurs qui ne jouent pas avec la langue. Du coup, il y a trop de blagues dans mes livres. Mais je n’arrive pas à résister à la tentation d’une pirouette. Si je m’ennuie en écrivant, pour le lecteur, ce sera encore pire. Il y a aussi beaucoup de choses que j’écoute; je prends en note ce que disent les gens, il y a beaucoup de phrases volées, à des personnes dans des dîners… Je ne sais pas très bien ce qu’est mon style, je peux juste dire que c’est une photographie de mon temps.  »

 

 

En conclusion, un roman, une autobiographie, un ovni sur les chagrins d’amour, écrit avec un cynisme mordant, mais qui cache une vulnérabilité face à la vie.

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Le scénario présent à la fin du roman, présente quelques différences avec le récit. On parle moins de la vie de Marc avec Anne, son ex-femme. Alors que dans le livre Marc parle beaucoup de cette relation qui le hante encore. Alice, la femme qu’il rencontre, reprend certaines phrases que dit Marc dans le roman. Les personnages secondaires, ne sont pas présent dans le roman, alors que dans le scénario ils apportent vraiment des exemples d’amour au personnage principal. Mais il y a également des scènes qui sont reprisent telles quelles.

 

Le film est selon moi, beaucoup plus positif, porté par Gaspard Proust, qui est vraiment cocasse sans le vouloir, et une Alice vraiment déjantée, mais qui sait garder sa classe et sa sensualité. J’ai adorée l’humour qui y est dépeint, toujours sur font de vérité général et de volonté de singularité par rapport au chagrin d’amour mais qui rend le tout très accessible. Un personnage dans lequel beaucoup se retrouveront.

 

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L’auteur :

 

Son premier roman est publié en 1990, il a alors 24 ans, il le nommera « Mémoires d’un jeune homme dérangé ».

 

Il a créé, en 1994, le « Prix de flore » du nom du célèbre café de Saint-Germain-des-Prés à Paris. Ce prix est doté de 6000 euros ainsi que la possibilité quotidienne pour le lauréat de se faire servir du Pouilly-fuissé, au Café Flore, dans un verre gravé à son nom et cela pendant un an. Ce prix automnal récompense chaque année un jeune auteur français au talent prometteur.

 

Frédéric Beigbeder est un personnage très controversé et contradictoire. Ce dandy aime son personnage et en même temps, il n’hésite pas à se critiquer dans ses auto-fictions. Il dénonce un système, la publicité, mais il y est resté 10 ans.

 

Depuis 2003, il est éditeur pour le compte de Flammarion mais continue en parallèle son travail d’écrivain avec des romans tels qu’‘Au secours pardon » (2007) ou ‘Un roman français’ (2009). Personnalité farfelue et provocatrice, Frédéric Beigbeder déclare aimer l’argent et les sorties, et vit sa vie à cent à l’heure.

 

Source : http://www.beigbeder.net et http://www.evene.fr

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12 réflexions sur “ »L’amour dure trois ans » de Frédéric Beigbeder

  1. Pingback: Bilan du mois de septembre 2013 et Dans la hotte de Charlotte : | Topobiblioteca

    • Merci au moins j’ai titiller ta curiosité =) Il est vrai qu’avec cet auteur, j’ai l’impression que soit ça passe, soit ça casse. Il faut surement ce faire son propre avis. Et je pense qu’il ne faut lire ce livre quand tout va mal, parce que le moral en prend un coup. Bisous !

  2. Je t’avoue ne pas vouloir lire cet auteur car à chaque fois qu’il parle des femmes, j’ai envie de lui foutre des baffes ! Mais la citation au début de ta chronique me plaît énormément car je pense que c’est totale vérité !
    Bisous ^^

    • Ah ça je t’avoue que c’est un macho, il n’y a pas à dire, mais dans ce livre là je n’ai pas vraiment trouvée qu’il s’en prenait vraiment aux femmes. C’est plutôt sur l’amour qu’il jette son dévolu. Mais je te comprend tout à fait =)
      Il parle de l’amour avec un cynisme, mais également avec une certaine clairvoyance je trouve.
      Bisous et merci de ton commentaire =)

    • Il est vrai que le film donne une autre vision de l’histoire plus positive avec un humour peut-être moins cynique. Mais le livre m’a convaincu dans le sens où ce qu’il dit sur l’amour est parfois vrai, bien que sa durée de trois ans est fausse comme il le dit à la fin.

  3. Alors là… Que te dire ma choupette ? Tu sais surement que, Beigbeder et moi, ce n’est pas l’amour fou. Donc, malgré ta très belle chronique… Je resterai loin de ce livre ^_^ Et puis, je ne suis pas d’accord avec ce qu’il dit : cela fait sept ans que je suis avec mon chéri, deux ans que l’on habite ensemble, et c’est toujours l’amour fou ! Alors, une lecture sur les désillusions entrainées par l’amour, très peu pour moi… Mon petit coeur n’y résisterais pas ^_^ Gros bisous ma poupette 🙂

    • Je sais bien oui ma belle, d’ailleurs jolie jeu de mot avec amour =)
      Il est vrai que comme il à écrit cela après sa rupture, c’est un livre noir et cynique, et puis toutes les histoires sont différentes. Regarde toi et ton chéri, cela fait plus de trois ans et heureusement, vous êtes toujours ensemble et un mariage est même en préparation ! Je comprend, même si je suis depuis que quelques mois avec mon copain, cela m’a fait un petit coup au coeur tout de même de lire ce livre, il ne faut peut-être pas trop y réfléchir parce que c’est là que commence les idées négatives. Merci pour ton avis ma poulette ❤

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