»Pelléas et Mélisande » de Maurice Maeterlinck :

 

Titre : Pelléas et Mélisande

 

Auteur : Maurice Maeterlinck

 

Edition Labor, collection Espace Nord

 

Genre : Théâtre symboliste

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 » Je ferai mieux de m’en aller sans la revoir… Il faut que je la regarde bien cette fois si…[…] Il faut que je la voie une dernière fois, jusqu’au fond de son cœur… Il faut que je lui dise tout ce que je n’ai pas dit…  » ( p. 69 )

 

 

Résumé :

 

 »L’intrigue se déroule au Royaume imaginaire d’Allemonde, gouverné par le vieil Arkel. Après avoir rencontré Mélisande, créature fragile et énigmatique, au cours d’une chasse en forêt, le Prince Golaud l’a épousée sans rien savoir d’elle, puis l’a présentée à son demi-frère Pelléas. Entre Mélisande et Pelléas, un lien secret s’est d’emblée tissé, fait de regards et de complicité, d’amour peut-être ? Golaud se met à épier Pelléas et Mélisande : il recommande d’abord à son demi-frère d’éviter son épouse, puis ne tarde pas à menacer fermement, dévoré peu à peu par la jalousie. Pelléas et Mélisande finissent par s’avouer leur amour : au moment où ils s’embrassent, Golaud sort son épée et tue Pelléas, laissant Mélisande s’enfuir. En présence d’Arkel et d’un Golaud rongé par les remords, la mystérieuse Mélisande s’éteindra lentement, sans que son mal soit clairement identifié et que Golaud ne parvienne à percer la vérité sur les liens profonds qui l’unissaient à Pelléas.  »

 

 

Mon avis :

 

L’histoire de Pelléas et Mélisande, est l’histoire d’un amour maudit, dans la lignée des amours impossible de Tristan et Iseult ou Roméo et Juliette. Mais c’est également une œuvre dans le courant symboliste du 19eme siècle, qui prône la volonté de se détacher du Réalisme et théâtre mimétique.

En effet, ce courant est avant tout l’expression de la mélancolie, les personnages de théâtre mettent en scène des caractères moins définis et plus flous. A l’image des personnages de Pelléas et Mélisande, qui seulement une fois au porte de la mort, délivrent leur vrai sentiments. D’ailleurs la mort est annoncé dès l’acte 1, puisque Pelléas dit d’une lettre de son ami mourant qu’elle  »est si triste qu’on voit la mort entre les lignes ». Mélisande est dès le début en train de pleurer on suppose un amour perdu, est-ce celui à venir de Pelléas, mais de tout évidence elle sait quel est son destin. Et Pelléas lui, est présenté comme l’homme qui va partir, répétant d’ailleurs ses mots à l’envie. Le premier acte ce clos sur cette réplique très évocatrice de Mélisande :  »Oh pourquoi partez-vous? » qui à deux sens, car elle est non seulement abandonnée par Pelléas, mais c’est également une question existentielle sur le fait d’être séparé par la mort, selon le critique Christian Lutaud. Vision pessimiste de l’amour dans la mort.

Pelléas et Mélisande aussi sont les jouets d’une fatalité implacable. En effet, même si les sentiments ne se révèlent qu’à la toute fin de l’histoire, c’est bien la mort qui réunit les deux amoureux. C’est lors de la scène de la fontaine que les deux amants prennent conscience de leurs sentiments, notamment lorsque Mélisande laisse tomber l’anneau de Golaud, dans l’eau, reléguant ainsi leur relation au passé. Mais c’est lorsque Pelléas demande à Mélisande de le retrouver près de la fontaine, une nuit, qu’il lui dit, pensant qu’il va partir rejoindre son ami par delà les mers,  »Il faut que tout finisse. J’ai joué comme un enfant autour d’une chose que je ne soupçonnais pas […]. J’ai joué en rêve autour des pièges de la destinée. », mais peut-être faut-il voir dans ses paroles une annonce de ce qui va suivre. Puisque c’est justement au moment de cette révélation de l’amour mutuel par les deux amants, qui est le seul moment de la pièce où tout est limpide, car les mots  »Je vous aime » sont réellement prononcés, sans effets afin de cacher le sens profond, que Golaud tue son frère. Ainsi, les amants n’auront aucuns moments de bonheur partagés, car dès qu’ils s’avouent vraiment leurs sentiments, la tragédie sanglante les frappe. Mélisande, sur son lit de mort, avoue sans remords à Golaud, fou d’angoisse d’avoir touché sa belle de son épée, son amour pour Pelléas, et nous comprenons comme dit le médecin que, « Ce n’est pas de cette blessure qu’elle meurt, un oiseau n’en serait pas mort […] ce n’est donc pas vous qui l’avez tuée […] elle ne pouvait pas vivre. » Ainsi, elle ne peut vivre dans le monde où son amour ne serait plus, elle en est physiquement impossible, et préfère retrouver Pelléas dans la mort. Le symbolisme ici, donne un sentiment d’urgence à la vie, comme si il fallait vivre le moment présent puisque la seconde d’après la mort peut arriver sans crier gare. Ce qui est le propre de toute l’œuvre de Maetrelinck, puisqu’il fait ce rencontrer deux personnages pour mieux les séparer au moment de l’évocation de leur sentiments, pour l’auteur, toujours selon Christian Luaud  »toute couronne est mortuaire, toute embarcation est vouée au naufrage, toute rencontre est dernière rencontre, l’étreinte furtive des amants signe leur arrêt de mort en même temps qu’elle le consacre ». Maeterlinck cherche des réponses par l’écriture à des questions existentielles.

Le style de l’auteur se veut un retour aux origines des histoires de théâtre, mais une certaine modernité se dégage tout de même de ses propos. Ne serait-ce que la fonction symbolique de l’œuvre est une preuve de modernité qui contraste avec cette envie de retour aux sources. Malgré tout, j’ai trouvée que l’œuvre était peut-être difficilement accessible au lecteur, si ce dernier ne s’aidait pas de critiques puisque sous chaque mot se cache un symbole, ou une allusion. Ne serait-ce que dans les noms de ses personnages Maeterlinck y a insérés des symboles : par exemple on retrouve les mêmes sons dans les noms des amants, qui évoque déjà l’idée du couple prédestiné.

En conclusion, une histoire d’amour maudite qui est truffée de symboles et de non dit, mais qui reflète réellement l’amour inassouvis, dans la lignée des histoires les plus tragiques.

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L’auteur :

Issu d’une riche famille bourgeoise et conservatrice, Maurice Maeterlinck se tourne d’abord vers la carrière d’avocat, selon le vœu de ses parents. Mais le virus de la littérature, contracté dès son adolescence, le rattrape très vite. Touche-à-tout, il est aussi à l’aise dans la poésie (‘Les Serres chaudes’), le théâtre dramatique (‘Pelléas et Mélisande’, ‘L’Oiseau bleu’), que dans les essais sur le monde animal ou végétal. Figure marquante du symbolisme, il contribue, avec Tchekhov à transformer la conception du drame. Écrivain précoce, il reçoit le prix Nobel de littérature en 1911, à 49 ans.

Source : evene.fr

 

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6 réflexions sur “ »Pelléas et Mélisande » de Maurice Maeterlinck :

  1. Pingback: Bilan du mois de septembre 2013 et Dans la hotte de Charlotte : | Topobiblioteca

    • Coucou, je te comprend, moi si il n’avait pas été pour les cours je ne l’aurais certainement pas lu non plus. Surtout que j’aime les beaux discours d’amour, comme dans Roméo et Juliette et qu’ici tout est implicite. Bisous et merci du passage !

  2. Je ne connaissais pas du tout, mais tu m’intrigues beaucoup. Je ne le lirais sans doute pas tout de suite, mais je le note : ta chronique m’a convaincue 🙂 Je te fais de gros bisous ma poupette ❤

    • Avant de le lire pour les cours, je ne connaissais pas du tout moi non plus, mais je suis contente de t’avoir convaincu. J’ai aimée l’histoire d’amour impossible, mais j’aurais aimée avoir plus d’explicite dans les paroles. Bisous ma poulette ❤

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