»Des vies derrière soi » de Maxine Alterio :

Titre VO : Lives We Leave Behind

Titre VF : Des vies derrière soi

Auteure : Maxine Alterio

Editions Prisma, 2013.

Genre : Historique, drame

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 » Quand nous rentrerons, personne ne comprendra ce que nous avons traversé. Nous pourrions ne pas réussir à nous intégrer.  » ( p. 292 )

Résumé :

 » Juillet 1915. Le navire-hôpital Maheno quitte Wellington pour emmener vers les champs de bataille 70 infirmières néo-zélandaises. Parmi elles, Adelina Harrington et Meg Dutton se retrouvent das la même cabine. Addie, issue d’une famille unie et aimante, est réservée, tout le contraire de Meg, jeune-femme coquette qui ne résiste pas au plaisir de s’amuser et va l’entraîner dans son tourbillon. Alors qu’elles servent auprès de soldats blessés, en Égypte, puis en France, va se nouer entre les deux jeunes femmes une amitié qui résistera à toutes les épreuves.

Quand Meg rencontre le chirurgien anglais Wallace Madison, elle tombe immédiatement amoureuse de lui et s’engage dans une relation passionnelle. Addie pressent pourtant que cet homme secret cache de nombreuses blessures. Leur amour survivra-t-il à la guerre, au milieu du chaos, des épidémies et des drames ?  »

Mon avis :

L’histoire est très atypique pour un récit sur la première guerre mondiale, puisque c’est avant tout un point de vue féminin que nous suivons. Nous oublions beaucoup trop souvent le rôle de ses femmes, qui se sont enrôlés pour soutenir l’effort de guerre et l’honneur de leur pays. Elles ont dut se faire une place parmi des hommes masochistes qui ne comprenaient pas qu’une femme puisse avoir un statut d’infirmière et des responsabilités.

 » – On nous à promis le même rang qu’à vous, rétorqua Netta en lui jetant un regard noir. Ce n’est pas notre faute si nous ne l’avons pas obtenu.  »

 » – N’importe qui est capable de faire un lit et de soigner une colique.  »

[…]  » – Nous méritons d’être reconnus, sans même parler de l’augmentation de solde.  » ( p.25 )

D’autant plus que le futur est également omniprésent dans le texte, et comme le dit l’auteure elle n’ont pas eut les récompenses que leur courage méritait :  » Puis elles durent affronter à la fois des problèmes d’emploi et une société qui ne comprenait pas ce qu’elles avaient vécu et s’attendait à les voir reprendre leur vie d’avant.  »

Le point de vu féminin, est là pour rapporter que même les femmes, et surtout les femmes, ont su se révéler, révéler leur force et leur engagement face à leur pays.  »Leur capacité à s’adapter à des environnements plus qu’hostiles et à maintenir, envers et contre tout, une présence bienveillante près des champs de bataille. Malgré le froid intense, les bombardements, l’insuffisance de médicaments et de nourriture, elles parvenaient à prendre soin et à réconforter des soldats dont les blessures étaient gravissimes.  » Quant on lui demande ce qui l’a le plus touchée face à ses infirmières. C’est très atypique pour un ouvrage sur la guerre, mais encore plus sur la première guerre mondiale, et cela change et nous donne un autre point de vu sur ce passé.

L’historique est ici pour exprimer que les acteurs de l’ombre tels que les femmes, les infirmières et le personnel soignant, ont été des aides de premières mains aux soldats et aux familles de ces derniers :

 »Quelques patients gravement blessés devaient rester à l’hôpital pendant des mois. Certains écrivaient à leurs mères, qui à leur tour, écrivaient, croyant qu’elle pourrait les renvoyer chez eux. « C’est un rêveur, pas un combattant. »[…] Dans ses réponses, elle félicitait ces femmes d’avoir élevé des garçons sensibles et expliquait pourquoi elle ne pouvait enfreindre les règles militaires. » ( p.260 )

Nous suivons également les premiers balbutiements de la chirurgie, car comme nous le savons tous, les médecins ont pu pour la première fois ce pencher sur des cas nouveaux, le tout en un temps record pour trouver des solutions et renvoyer les soldats sur le front. C’est véritablement intéressant de voir ces personnages s’interroger sur les actes à effectuer, et sur les faibles chances de survie de certains car ils manquaient beaucoup de fournitures médicales, et de temps pour que les blessures cicatrisent vraiment. Surtout que l’auteure ne nous perds pas avec des termes de médecine, mais fait en sorte d’être compréhensible pour le lecteur.

Les personnages principaux sont diamétralement opposées : mais en ceci l’auteure explique qu’elle souhaitait confronter deux personnages antagonistes à la guerre, montrer deux caractères différents, et deux visions différentes de la même période. C’est un choix intelligent car le lecteur peut s’attacher plus à l’une ou l’autre suivant son propre caractère. Elles vont vivre au cœur de la même guerre et s’en suivra une amitié des plus solide qui va se tisser au milieu de ces drames et ces espoirs.

Et même si l’auteure développe la guerre en fil rouge de son récit, les vies privées ne sont pas pour autant laissées de côtés. L’amour va d’ailleurs prendre une place importante :  » Elles vont aussi vivre des histoires d’amour très différentes… L’amour peut prendre des couleurs très différentes… Il peut être d’un rouge intense, être dévorant et virer à l’obsession, comme dans dans l’histoire que va vivre Meg avec Wallace, le chirurgien anglais. Mais ce type d’amour peut s’avérer destructeur. Alors que l’amour d’Addie pour Edward est d’un rose tendre. Il se construit lentement et a plus de chances de s’approfondir avec le temps. Si on a de la chance, on expérimente ces deux types d’amour au cours de nos vies… »

Car en effet les sentiments ne peuvent être occultés même en temps de guerre, surtout en temps de guerre, oserai-je dire.

Les personnages secondaires passent et ne restent pas forcément dans la vie de nos héroïnes, ils sont composés des soldats qu’elles soignent et comme dans tous les temps de guerres, les pertes sont trop lourdes et suscitent des émotions fortes. Le lecteur suit réellement le point de vu des femmes et des acteurs de l’ombre de la guerre et c’est vraiment quelque chose que l’on ne retient que rarement.

Le style de l’auteure est très touchant et intéressant, elle conte au plus près et par de nombreux détails, la vie des infirmières. Ces infirmières sont au plus près des combats, et les nouvelles du front arrivent très rapidement. Elle insère également quelques chiffres, prouvant ces recherches, mais elle ne nous noie pas dans les statistiques, elle se concentre vraiment sur ces personnages, et les fais évoluer par eux-même, tout en ce basant réellement sur la traversée des infirmières néo-zélandaises, comme elle le dit à la fin de l’ouvrage.

En conclusion, un livre atypique sur la première guerre mondiale, du point de vue féminin et sur les balbutiements de la chirurgie.

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L’auteure :

Maxine Alterio est une romancière, nouvelliste. Elle est diplômée de l’Université d’Otago avec une maîtrise ès arts en éducation et de l’Institut international de Lettres Modernes à l’Université Victoria de Wellington, et d’ un doctorat en création littéraire.

Source : Babelio.com

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9 réflexions sur “ »Des vies derrière soi » de Maxine Alterio :

  1. Bien que j’aime beaucoup les histoires d’amitié et celles où les femmes sont mises en avant, je t’avoue que ce n’est pas exactement le genre de livre qui me fait envie notamment à cause des mots « chirurgie » et « guerre » 🙂

    • Je ne te cache pas que l’on ne nous épargne pas en effet, c’est décrit avec beaucoup de détails en effet, mais le sordide n’est pas là, mais est plus dans l’incompréhension des méthodes de tuerie. Les sentiments sont présents, l’amour notamment, mais on nous conte une guerre et ça ce n’est pas une partie de plaisir.

  2. Tu m’intrigues beaucoup, malgré le sujet sans doute très sensible de ce livre… J’ai bien envie de me lancer ! La relation entre ces deux femmes à l’air très touchante… Mhh, c’est décidé : je le note ❤ Merci pour al découverte ma choupette ❤

    • Mais de rien poulette, ça me fait plaisir de voir que je sais donner envie de lire un livre =) Il est vrai que le sujet est grave mais c’est traitée avec justesse et droiture, en insérant les sentiments qui ne sont pas à occulter dans une telle histoire. C’est vraiment un très jolie roman =)

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  4. Il est clair que ton avis me donne encore plus envie de lire ce livre. Le côté historique, le statut de la femme sont des sujets que j’aime lire. Je le note dans ma wish-list. 🙂 Merci.

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