Rien que des maux de Fabrice Farigoule

Auteur : Fabrice Farigoule

Edition France Loisirs, collection Nouvelle Plume, 2013.

Genre : Thriller.

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 » Les vrais bouleversements de l’existence ne se font que graduellement et en profondeur même si leur origine est souvent brutale et instantanée.  » ( p. 148 )

Résumé :

 » Carla Glotz, éditrice, ne sait que penser de l’étrange manuscrit qu’elle vient de recevoir : les scènes de meurtres et de tortures décrites au fil des pages sont si réalistes qu’elles lui glacent le sang… Et si ce n’était pas de la fiction ? Elle confie ses doutes à Albert Chatel, flic à la retraite désormais détective privé. Sceptique mais intrigué, il décide d’enquêter avec sa jeune collaboratrice. Dans le même temps, le député Girard le harcèle pour pour qu’il mette la main sur la source qui renseigne la presse sur les pratiques douteuses du politicien. Ces deux affaires chamboulent la routine du détective, et c’est au moment où il s’y attend le moins qu’elles se télescopent…

Mon avis :

Attirée par cette nouvelle collection chez France Loisirs, j’ai décidée de me lancer avec ce thriller aux allures résolument modernes et le sujet me paraissait peu exploité en littérature

Personnage principaux :

Le personnage de Chatel, flic à la retraite, reconvertis en détective privé, est un peu le cliché du flic retraité, sans famille car son boulot lui à pris tout son temps. Il est abonné aux vieilles méthodes, alors son association avec sa secrétaire, une étudiante un peu loufoque, folle de nouvelles technologies est un cocktail qui intègre un brin d’humour dans une histoire assez sombre.

Le personnage de Carla est intéressant à suivre. Cette éditrice est confrontée a un choix complètement fou : croire ou non aux faits énoncés dans le manuscrit qu’elle à reçu. C’est l’effet que tout auteur cherche à produire sur son lectorat et c’est le signe d’une écriture réaliste et bien travaillé. C’est une femme droite, qui se sent ridicule de croire que le manuscrit puisse être vrai. La réflexion sur l’écriture est très développé et c’est vraiment très intéressant de voir comment un écrivain peu se préparer et comment un éditeur reçoit cette œuvre.

Les personnages secondaires ont également un rôle important et sont tous mêlés de près ou de loin aux deux affaires qui occupe le livre : celle du manuscrit et celle sur les agissement d’un politicien corrompu. Chacun à quelque chose à cacher, et comme le dit la devise  »Tout secret doit un jour être révélé ». C’est le but de ce livre, dévoiler ce qui est caché, au travers des deux enquêtes que mènes Chatel.

Celles-ci sont pour ma part bien menées, le lecteur au début, ne comprend pas comment elles peuvent être reliées. Les fils ne se déroulent qu’au fur et à mesure, et ce n’est qu’à la fin que nous comprenons vraiment l’utilité des deux enquêtes. L’auteur nous perd dans l’économie, une autre fois dans le monde de l’édition, et dans celui du tueur, tout en conservant le dénouement.

Le thème de l’écriture est fortement développé dans ce roman : Comment écrire ? Écrire en étant en situation, en ayant vécu les choses ou bien les inventer de toutes pièces. Mais même dans ce cas là, ne puise-t-on pas parfois dans la réalité.  » C’est extraordinaire comme l’écriture coule naturellement quand on est en situation. Peut-être que je manque tout simplement d’imagination, en fait.  » ( p. 354 ) C’est une véritable question pour celui qui souhaite écrire.

 »En définitive, que reste-il des actions que nous accomplissons ? […] Au mieux des souvenirs imparfaits, qui s’émoussent de surcroît avec le temps. Et qu’on a de toute façon tendance à déformer, consciencieusement ou non.  » ( p. 356 ) En effet, pourquoi voulons nous écrire ; pour garder une trace, pour pouvoir se souvenir de ce que l’on à vécu en ne faisant pas de faute de mémoire. Pour qui le faisons nous ? Pour nous, ou pour les autres…

L’écriture est très agréable, l’auteur utilise de nombreuses descriptions qui serve convenablement le roman. On se sent vraiment pris au piège au milieu de tous les personnages qui ne sont pas claires et de cette écriture qui fait peser un poids sur le récit. Comme une sorte de fatalité. Le seul point négatif que j’aurais à formuler est la présence trop forte de conjectures économique et financière, qui est sûrement l’aspect personnel de l’auteur qui ressort dans le roman, puisqu’il est analyste financier. Le monde de l’économie est fortement décrit et j’ai trouvée que parfois cela n’apportais pas une grande avancée dans le roman, quelques lignes de résumé sans forcément entrer dans les détails, aurait peut-être suffit. L’écriture de l’auteur change en fonction des personnages et cela est très agréable, révélant ainsi leur propre personnalité. Par exemple, Fabrice Farigoule utilise une écriture cinématographique pour le point de vu du tueur, et cela rend encore plus perceptible la personnalité trouble de ce personnage.

La fin est par contre un petit peu rapide, une ellipse de l’action de l’arrestation du tueur et des jours qui suivent ne sont donnés qu’en résumé et cela m’a un peu gênée parce qu’on est moins dans l’histoire. Mais les quelques lignes de la toute fin, prennent une autre tournure et donne une vrai fin, une fin ouverte, une fin en forme de cliffhanger, qui nous donne l’eau à la bouche.

Conclusion, un très bon thriller qui exploite la psychologie concernant l’écriture, le pourquoi on veut laisser une trace, et le comment s’y prend-t-on.

  • Points positifs : Une écriture agréable, des personnages comme vous et moi, une fin ouverte particulièrement bien réalisée.

  • Points négatifs : Trop de conjecture économique et financière, la résolution est trop rapide.

L’auteur :

Père de deux filles adolescentes, Fabrice Farigoule à 43 ans, et est analyste financier. Il vit à Lyon, sa ville natale, après 20 ans à exercer son métier à Paris, Londres et Francfort. Au cinéma comme en littérature, le polar est son genre de prédilection.

Source : France Loisirs, Nouvelle Plume

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9 réflexions sur “Rien que des maux de Fabrice Farigoule

  1. Ta chronique m’intrigue fortement, très chère choupette 😀 Je ne sais pas si on peut le trouver dans une autre édition que celle de France Loisirs mais, si c’est le cas, je craquerais ! 😀 ❤ ❤ ❤

    • Ah alors mon travail est rempli ^^ Je n’en ai aucune idée, je ne sais absolument pas si cette nouvelle collection pour promouvoir les nouveaux auteurs, va être commercialisé ailleurs, mais en tout cas le bouquin est excellent malgré les petits défauts =) Bisous ma belle ❤

  2. Pingback: Index par auteur ( nom de famille ) : de A à K | Topobiblioteca

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