Trilogie Fifty Shades – t.1 Cinquante nuances de Grey de E. L. James

Titre VO : Fifty Shades of Grey

Auteur : E. L. James

Traduit de l’anglais par Denyse Beaulieu.

Édition J. C Lattès, 2012.

Genre : Romance érotique

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 » Les ascenseurs, ça fait toujours de l’effet.  » Christian Grey ( p. 51 )

Résumé :

 » Romantique, libérateur et totalement addictif, ce roman vous obsédera, vous possédera et vous marquera à jamais.

Lorsque Anastasia Steele, étudiante en littérature, interviewe le richissime chef d’entreprise Christian Grey, elle est à la fois séduite et profondément intimidée. Convaincue que leur rencontre a été désastreuse, elle tente de l’oublier – jusqu’à ce qu’il débarque dans le magasin où elle travaille à mi-temps et lui propose un rendez-vous.

Naïve et innocente, Anna est troublée de constater qu’elle est follement attirée par cet homme. Quand il lui suggère de garder ses distances, elle ne l’en désire que davantage.

Mais Grey est tourmenté par ses démons intérieurs et le besoin de tout contrôler. Lorsqu’ils entament une liaison passionnée, Ana découvre son pouvoir érotique, ainsi que la part obscure que Grey tient à dissimuler…  »

Mon avis :

Cela faisait un bout de temps que je voulais me plonger dans cette trilogie, mais j’avais besoin que le succès soit un peu moins affolant qu’au tout début de la sortie de se premier tome, pour ne pas trop être influencée ( peine perdue vue le nombre de critiques que j’ai pu lire, hé oui moi et ma TROP grande curiosité ! )

Comme vous le savez tous, à l’origine cette fameuse saga est une fan-fiction de Twilight, voilà pourquoi la jeune Anastasia, attirée par un homme plus sombre qu’elle, pure et innocente, vous rappelle quelque chose. Depuis les droits d’auteurs ont été achetés par un éditeur australien.

En France, c’est d’abord en numérique qu’est sorti, chez J. C Lattès, la saga. Selon le journal Le Figaro, pas moins de 2000 versions numériques ont été vendues sur Amazon, dès le premier jour de la sortie. « Une lecture parfaite pour les froides journées d’hiver », selon Isabelle Laffont, qui dirige les éditions Lattès. C’est en effet, un gage de discrétion, pour celles et ceux, qui n’aimeraient pas être dérangés, dans les lieux public ou autres transports en communs, par de multiples paires d’yeux attardées indiscrètement sur les couvertures parfois évocatrices et lascives des versions papiers des romans érotiques.

Mais le phénomène Fifty Shades va bien au delà ! C’est la suite, avec l’avènement du numérique, de l’ouverture à la démocratisation de ce genre de littérature, qui depuis des siècles, fait fantasmer. En effet, les auteurs, ont compris que l’érotisme fait vendre, bien loin d’un phénomène de mode, cette littérature entame seulement un nouveau tournant : la littérature érotique pour les femmes ! Mais oui, ce que le Marquis de Sade, n’avait pas compris, est que son époque était uniquement tourné vers les hommes, ce qui n’est plus autant le cas aujourd’hui. Mesdames, affirmez vous, ce genre littéraire en est bien un, celui du plaisir par les mots. Désormais, plus besoin de ce cacher, c’est au même titre qu’une jupe au dessus du genou, c’est à dire purement et simplement pour VOTRE PLAISIR !

L’histoire est réécrite, puisqu’elle sort du cadre de la toile, donc les noms ont été changés, et certaines petites notions ont été transformées, mais l’essentiel est conservé.

Le personnage d’Anna, la narratrice, est le stéréotype de la jeune-fille naïve des romances, que l’on aimerait rencontrer moins souvent ( oui je suis une gentille féministe ^^ ). Elle est vierge au départ, ce qui l’a rend pure et chaste, et certainement un objet de convoitise et de fantasme pour plus d’un homme. Mais ce qui fait la force de leur relation, est que Christian pense au départ qu’elle ne l’est plus depuis longtemps, ce qui prouve la puissance du charme et de séduction d’une femme, qui n’a pas besoin d’en faire des tonnes pour qu’un homme la regarde.

Les trop nombreuses interventions de sa fameuse  »déesse intérieur » m’ont laissée plus ou moins perplexe. Je ne vais pas dire qu’elles m’ont vraiment dérangées mais bon une conscience n’est-ce pas déjà suffisant. Parce que franchement par moment, je ne voyais l’utilité de cette  »déesse intérieur », qui me coupait dans le récit, simplement pour me dire qu’Anna était heureuse de telle ou telle phrase ou geste de Christian.

Je l’ai beaucoup plus appréciée dans la dernière moitié du roman, où elle semble plus complexe qu’on veut bien nous le faire croire. Certes, je trouve qu’elle tombe un peu trop vite sous le charme de cet homme, qui est quand même, il faut l’avouer, pas des plus simples à vivre surtout pour une première véritable histoire de couple. Mais bon passons, le premier amour, c’est toujours plus ou moins comme cela, on n’imagine pas la fin. Donc, à la fin du roman, lorsqu’elle se pose vraiment des questions sur Christian, sur le fait qu’il soit bon ou pas pour elle de continuer vers se chemin, là, elle me plaît, là elle démontre un certain bon sens. Les questions qu’elle se pose, nous nous les poserions également, et c’est là que l’aspect sociologique de l’histoire fait tout son effet, selon moi.

Le personnage de Christian est un personnage masculin type, dans une romance, qui plus est érotique. C’est un homme qui fait fantasmer les femmes par son physique, ce qui digne du personnage principal masculin d’une romance. Les lectrices, ou lecteurs, veulent fantasmer sur un imaginaire de beauté qui incarne par conséquent le bonheur, ce que véhicule toute chimère. Il est également riche, et intelligent, puisque dirigent d’une grande firme, mais il à également le temps de prendre soin de sa bien aimée. Jusqu’ici tout est parfait, mais dans toute bonne romance le personnage masculin doit être un peu plus que cela… Ici, l’érotisme se veut provocateur et renouveau. Christian est donc l’incarnation du parfait gentleman cachant un secret plus que choquant pour la moral. Dès lors Anna n’aura de cesse de vouloir en savoir plus, toujours plus, sur les petits secrets de Christian. En effet, nous sommes dans une romance érotique, et la tension sexuelle doit être à son maximum, afin de faire son meilleur effet sur la lectrice.

Nous découvrons donc un Christian plus complexe que nous le pensions de prime abord. L’auteure dissémine les informations sur cet homme au compte goutte, et l’effet sur le lecteur, est immédiat, nous avons envie de continuer la lecture pour enfin savoir pourquoi ce personnage est en rendue ici, à ce point là, comment son passé à influencé son présent. Cet homme, aux nombreux défauts, que l’on commence à esquisser, sous des dehors de parfait gentleman, est fort intéressant parce que l’aspect psychologique est très présent, selon moi. Pas dans l’écriture, mais dans le personnage en lui-même. Cet univers pose pas mal de question, la notion de bien dans le mal a toujours été un thème passionnant autant que repoussant les foules.

La conclusion que je peux donner sur ce personnage, est qu’il porte avec lui la teneur psychologique de la notion de sado-masochisme, et que la lectrice est forcée de ce placer à la place d’Anna, surtout par la narration à la première personne, ce qui fait que la lecture va plus loin.

Les personnages secondaires ne sont pas que des faire-valoir des personnages principaux, chacun à sa petite histoire. Ils sont ici pour apporter un vrai contexte à l’histoire, même si celle-ci se concentre beaucoup plus sur Anna et Christian. Ils interviennent chacun à leur manière dans l’histoire d’amour des deux protagonistes par leurs conseils, leurs attitudes. Espérons qu’ils seront toujours présents, mais un peu plus développés dans les tomes suivants, car ils sont indispensables pour moi, afin de réaliser une histoire crédible.

Les scènes érotiques, pour moi, reste dans la lignée du thème du livre. En effet, au début, nous voyons bien l’emprise fascinante que Christian exerce sur Anna, qui tente de lui obéir et de comprendre ce qu’il peut ressentir dans ce genre de pratique. Mais bien vite, en tentant de comprendre les mécanismes du SM, Anna, va découvrir qu’elle aussi peut tout autant jouer et prendre des initiatives même si elle est la soumise.

Ce qui peut attirer également, est l’aspect assez novateur de la notion de soumission, qu’explore l’auteur, puisque à partir de la seconde moitié du texte, la dominée choisit de l’être, certes, un peu forcée par ses sentiments, mais nous allons finir par nous demander qui, du dominant ou de sa soumise, à le contrôle de la situation.

Ces scènes sont certes présentes et prennent une bonne part du livre en étant assez détaillées, mais j’ai trouvée que l’on restait dans le soft par la notion de découverte justement. En effet, Anna est initiée par Christian et ne peut donc tout connaître de ces pratiques. Ce qui d’ailleurs, à mon sens, est très érotique puisque finalement Anna est une jeune-femme lambda, comme nous toutes, et elle pourrait être nous, nous pourrions être elle, et ces pratiques êtres les nôtres. L’auteur nous les rend accessibles.

Plus d’une scène m’a d’ailleurs émoustillée je dois l’avouer, puisque finalement comme le roman est écrit à la première personne, par un personnage quelque peu naïf, la notion de sensualité et de romantisme reste assez présente tout au long du roman. Celles arrivant à la deuxième moitié du roman, sont un peu plus osées, puisqu’Anna est initiée par Christian, mais là encore ces scènes explorant le mal dans le plaisir, ne vont pas plus loin qu’une petite fessée et un petit coup de cravache. Car la priorité est à la découverte, et à l’envie d’aller plus loin. Cette envie est d’ailleurs décuplée si une part du mystère reste cachée. C’est la toute la subtilité du jeu de Christian, qui amène Anna à se poser des questions, mais par elle-même, juste au contact de ces quelques petites notion de SM. Néanmoins, je ne conseillerait pas ce roman à de jeunes lecteurs, car selon moi, même si rien n’est bien méchant, certains mots, certaines pratiques, dénotent un certain abaissement de la femme en tant que personne qui me dérange dans le sens où des esprits plus faibles pourraient prendre cela comme allant de soi, alors que comme Christian le stipule fort bien, Anna est sa soumise uniquement pour les pratiques sexuelles.

Est-ce l’effet de cette seule série, je ne crois pas, mais le phénomène de littérature érotique, déculpabilise peut-être certains ou certaines, puisque les boutiques érotiques, constatent une hausse de la vente de sex-toys et autres menottes, et accessoires de bondage, autant en France, qu’aux Etat-Unis, ce qui prouve bien que quelque soit le pays, l’érotisme en littérature peut permettre de libérer les mentalités.

L’écriture de l’auteur est en effet discutable, mais ce que l’on ne peut lui enlever c’est que cette simplicité d’écriture, rend finalement le lecteur pendu à chaque page, comme si il suivait les aventures du héros d’un épisode à un autre. Et pour moi, cela n’est nullement un reproche. L’écriture est très vivante, puisque réaliste, et sans fioriture. C’est justement l’expression par le style, d’un thème récurent du livre ; comment une jeune fille tout à fait normal, en viens a désirer un homme si éloigner de ses principes. C’est un banal fait de société, si j’ose dire !

Certes, le reproche viendrais plus du fait que l’auteur utilise beaucoup de répétitions pour qualifier les actions des personnages, surtout les trop nombreux passages où elle, rougis et se mordille la lèvre, et lui, penche la tête sur son épaule. Ensuite pour désigner les parties intimes d’Anna, l’auteur les fait désigner par le terme  »Là », et je trouve que cela marque une rupture trop forte dans la phrase, et que la langue française est assez riche de synonymes. Peut-être est-ce une volonté de l’auteur de faire une cassure lorsque Anna est toute émoustillée, mais je n’ai pas adhéré.

Ou bien les passages où tout de suite elle est, pardonnez mon langage peut poétique, toute mouillée en quelques secondes, et lui toujours en érection. J’avouerai que là, ce n’est pas franchement réaliste, mais n’est-ce pas aussi ce que l’on recherche dans un livre érotique, certes la probabilité des faits, mais avant tout du fantasme, et quelle est l’autre caractéristique du fantasme, c’est que la plupart du temps, c’est un rêve irréalisable !

Selon l’auteure Tatiana de Rosnay, le travail de la traductrice Denyse Beaulieu,  »elle à rehaussée ce livre », lui donnant  »une sorte de classe » et pour finir  »le livre est vraiment mieux en Français qu’en Anglais ». Voilà, tout est dit !

En conclusion, une romance érotique, qui à fait couler beaucoup d’encre et qui divise la planète. Pour ma part, j’ai beaucoup aimée l’ambiance qui se dégage du récit, à la fois fascinante pour ce mode de vie et de plaisir, et à la fois malsaine, par la corruption entre guillemet de la pureté d’Anna. C’est très stéréotypé, mais en même temps très réaliste, car parfois nous stéréotypons nous même volontairement la vie et ce qui est moral ou non. De plus, l’ambiance sociologique que l’on peut interpréter est très intéressante.

Les droits cinématographiques ont été achetés par Universal pour 5 millions de dollars et c’est la romancière Kelly Marcel qui à été désigné pour écrire le scénario.

  • Points positifs : Le détachement des personnages d’avec ceux de la fan-fiction de Twilight, la présence de personnages secondaires, et l’aspect peut-être sociologique d’Anna qui tente de comprendre Christian, au même titre que le lecteur non amateur de BDSM ( quoi que les initiés trouveront sûrement un plaisir à voir évoluer Christian et ses petits secrets )

  • Points négatifs : Les trop nombreuses répétitions de gestes et de situations des personnages, ainsi que la présence d’une déesse intérieur

L’auteur :

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E. L James, ancienne productrice de télévision, mariée et mère de deux enfants, vit à Londres. Depuis sa plus tendre enfance, elle rêvait d’écrire mais avait mis ce projet entre parenthèses pour se consacrer à sa famille et à sa carrière. Elle a enfin trouvé le courage de prendre sa plume pour rédiger sa trilogie Fifty Shades, devenue instantanément un succès mondiale.

Source : J. C Lattès

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9 réflexions sur “Trilogie Fifty Shades – t.1 Cinquante nuances de Grey de E. L. James

  1. Je ne sais pas, je ne sais pas… Si je tombais sur une occasion en or, je me laisserai sûrement tenter… Mais après tout ce battage médiatique, j’en ai un peu assez de voir sa couverture ^_^ En tout cas, je retiens ton avis ! gros bisous ma belle !

  2. Tu es bien une des rares à y trouver de l’intérêt et merci pour ton développement . Je vois beaucoup de déçues par le nombre incroyable de répétitions des scènes de sexes … Je suis toujours pas décidée à le lire là maintenant tout de suite… malgré que tu fasses remonter légèrement l’envie de le lire quand j’aurais une période creuse en lecture ^^.

    • Mais de rien, j’ai aimée développée mon ressentis pour que les gens comprennent vraiment ce que moi j’y ai trouvée. Je ne trouve pas, pour ma part, que les scènes de sexes ni ne se ressemblent, au contraire, c’est très varié, si je puis dire, et elles ne sont pas trop présentes. Ah si je fais remonter l’envie, j’en suis ravie et j’aurai servie à quelque chose =) Pendant une période creuse c’est l’idéal, facile à lire et vite.

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  4. je suis une gentille féministe aussi haha^^.  » Mais ce qui fait la force de leur relation, est que Christian pense au départ qu’elle ne l’est plus depuis longtemps, ce qui prouve la puissance du charme et de séduction d’une femme, qui n’a pas besoin d’en faire des tonnes pour qu’un homme la regarde » j’aime bien cette phrase ! 🙂

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