Les 7 péchés capitaux – tome 1  »Luxure et rédemption » de Erin McCarthy :

Titre VO : saga Seven Deadly Sins tome 1 : My Immortal

Titre VF : Luxure et rédemption

Auteur : Erin McCarthy

Traduit de l’américain, par Sophie Pertus.

Édition Rouge, 2010.

Genre : Érotique fantastique.

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 » Il me semble que, le plus souvent, celui qui paie la faute n’est pas celui qui la commet.  » ( p. 57 )

Résumé :

 » A la fin du XVIIIe siècle, un riche planteur, égoïste et gâté, fait un pacte avec un ange déchu : une éternité d’asservissement en échange du don d’immortalité. Pendant plus de deux ans, Damien de Bourg va respecter ce contrat – en inspirant désir et luxure tout autour de lui…

A la recherche de sa sœur disparue, Marley Turner tombe sur la plantation de Damien à la périphérie de la Nouvelle Orléans et pénètre ainsi dans un monde de scandaleuse décadence. Attirée par l’homme torturé qui se tient au centre de cette débauche, Marley sent monter en elle une sensualité toute-puissante. Et, pour la première fois, c’est au tour de Damien de ne pouvoir résister à l’attrait d’une femme. Sauf que ses péchés ne seront pas si faciles à oublier – ni à pardonner.  »

Mon avis :

Suite à  »Toyer » j’ai eu besoin d’une lecture complètement différente de la psychologie traumatisante mais passionnante de ce livre. J’ai alors sortie celui-ci de ma PAL. Je l’avais achetée sur un coup de tête sans trop savoir de quoi il était question, et l’avais rangé sur mes étagères.

Cette saga à pour fil conducteur les 7 péchés capitaux, avec des personnages différents à chaque tome. Je tiens à préciser que c’est de la littérature érotique.

Nous retrouvons ici le péché de luxure, qu’inspire Damien, depuis 200 ans, suite à un pacte avec un démon. Marla, une jeune femme bien rangée cherchant sa sœur disparue, arrive au domaine du beau Damien. S’en suit un imbroglios de sentiments, entre réfutation d’un désir pourtant visible et acceptation de ce dernier.

L’histoire est découpée selon deux temps : le présent avec Damien et Marla, puis le passé, plus précisément le 18eme siècle, époque de la transformation de Damien. Ce qui est très intéressant, car les deux époques sont très distinctes, mais en même temps similaires.

Tout d’abord, le 18eme est très bien restitué avec une prise historique très bien exploitée. Ici il est question de démon, quoi de mieux qu’ancrer son récit, la création de ce démon, au 18eme siècle, siècle où la religion avait une emprise très forte sur la population.

Une grande partie est consacrée au pouvoir du fruit défendu ; il était impensable à cette époque d’éprouver du plaisir en faisant l’amour, à part les prostitués, les femmes n’avaient pas le droit de s’adonner au jeu de la séduction charnelle. Elles ne connaissaient rien aux règles qui régissent ce jeu-là, qui est bien différent du jeu de la vie mondaine, comme nous le prouve cet extrait : » Ce qui me stupéfia, me parut extraordinaire, c’était cette façon de se tenir debout, soudés l’un à l’autre, en proie à un plaisir qui semblait d’une violence inouïe. Ils s’agitaient, tiraient sur leurs vêtements, rejetaient la tête en arrière, les yeux révulsés par l’extase. Elle avait refermé la main sur la virilité de Damien et allait et venait de haut en bas en lentes caresses langoureuses. J’enrageai de ne jamais avoir eu l’idée de faire une telle chose. Ce que Damien et moi faisions ensemble était rapide et efficace. Nous nous étreignions dans le noir, presque sans parler. Ce qu’ils faisaient, eux, était tout différent. C’était cela, la luxure, c’était mal, je le savais. Cependant, pour la première fois, je comprenais l’attrait de ces ébats, je sentais mon corps s’éveiller, j’y sentais naître à la fois un poids et un picotement impatient.  » ( p. 140 ) Dans le roman, l’ambivalence entre ses deux sommets, le désir charnel et la religion qui le punis, est décrit avec tact, et l’alliance du surnaturel donne une puissance plus vraisemblable, paradoxalement.

Le mode de vie est également très bien restitué, notamment aux travers des conventions sociales, mais surtout de la maternité. Nous voyons cette envie d’être mère, qui se bat contre le désir du corps, les deux sont placés dans deux pôles différents, l’un par nécessité et devoir, et l’autre par emprise du diable.

Nous côtoyons cette période a travers le journal intime d’un personnage féminin, donc la vision est très subjective, néanmoins nous voyons plus précisément se dessiner ses doutes, la lutte du bien et du mal. Les images qui y sont véhiculés ont un côté très mystiques, parfois indécents, mais cela renforce le roman, et le côté surnaturel.

Nous rencontrons le démon créateur, une diablesse pulpeuse, qui entraîne les fantasme les plus inavouables sur son passage. J’ai beaucoup aimée ce personnage, qui ressemble fortement à l’image que je me fait du démon au charme dévastateur, qui contamine la pureté. Elle m’a un peu fait penser au démon qui engendre l’enfant des cimetières, dans le livre du même nom de Sire Cédric, pour l’image un peu gothique, mais terriblement sensuelle.

Pour ce qui est du présent, un lien est fait avec le 18eme siècle, celui du désir d’être mère. Le 18eme étant régie par des lois, qui aujourd’hui sont archaïques, nous mesurons ainsi l’évolution parcourue. Un des personnages secondaires, pose le problème de l’avortement, et du non désir d’enfanter. Les femmes peuvent désormais avoir le choix, et ne seront pas considérées comme des pécheresses si elles ne veulent pas d’enfant. J’ai appréciée le fait que l’auteur aborde ce genre de préoccupations, cela prouve que la gente féminine à subie des changements non négligeables au regard de ce à quoi elle pouvait prétendre. Le roman, traite de l’évolution de la femme : du point de départ où elle n’était seulement qu’un objet à enfanter, et n’avait pas le droit d’éprouver du plaisir, sous peine d’être châtiée, jusqu’à aujourd’hui, où elle prends possession de son corps et de ses désirs.

Ces deux pôles : le bien et le mal, sont également représentatif au sein même du caractère des personnages. Une vision très manichéenne me direz-vous, en effet, mais nous sommes loin de la caricature, car en chacun des personnages se bat le bien qui tente d’avoir un ascendant sur le mal, et de l’apaiser, tant qu’à ce dernier qui tante de le parasiter. Cela donne un tableau plutôt complexe, et nous ne savons jamais lequel va s’ériger en vainqueur.

Damien est totalement différent, vous me direz en 200 ans, il a eu le temps d’évoluer ! Au 18eme siècle, berné par la fascination et l’attrait du pouvoir surnaturel, il est hautain, et prends les mortels pour des andouilles, c’est le macho de base, il faut le dire. Mais à sa décharge, ce qu’il prends pour une délivrance, va se révéler être une malédiction. Dans le présent, c’est quelqu’un de solitaire, mystérieux, qui ne se lie pas facilement, ce qui va finalement attirer Marla, et on la comprends ! J’ai aimée voir l’évolution de ce personnage, qui finalement au contact des mortels va se révéler à lui-même.

Marla, elle, est une héroïne comme l’on aimerait en rencontrer plus souvent, surtout dans un roman érotique. C’est une femme complexée, qui n’a pas forcément un corps de déesse, qui a le défaut de trop se préoccuper des affaires des autres et surtout de celles de sa famille. Elle découvrira au contact de Damien, un monde qu’elle n’aura soupçonnée, et par là même se comprendre mieux elle-même.

L’intrigue est certes parfois cousue de fil blanc, nous sommes dans un roman érotique, mais une bonne dose d’originalité y est dépeinte : l’amour impossible, comme dans toute bonne romance, est justifiée, ici, par la présence du surnaturel, en la personne de Damien, un être foncièrement instable, froid, calculateur, et la seconde d’après doux et sensuel. Marla, en essayant de comprendre ce caractère, va évidement tomber sous son charme. La trame de fond peut paraître peu innovante, au regard de la lecture bit-lit, mais ici, le livre est avant tout érotique, ce qui m’a surprise c’est que l’auteur y instaure une mythologie qui justifie ses scènes de sexes, le caractère de ses personnages, ainsi que leurs actes. L’univers mis en place est d’ailleurs d’une certaine originalité, fouillé et pertinent. On apprécie le fait que rien n’est tout à fait placé au hasard.

Les scènes de sexe, comme dit auparavant ont un but : celui d’éveiller l’héroïne, de lui faire prendre conscience du pouvoir du corps féminin. J’ai beaucoup aimée cette aspect de l’érotisme, ici, c’est presque une ode au corps féminin, que l’on mène au bout de l’attente, au plus profond plaisir, jusqu’à en redemander. Les mots sont parfois crus, mais pas plus que dans certains romans de bit-lit. L’auteur ne fait parfois, que suggérer, avant d’entrer plus en profondeur. Elle nous mène doucement vers une envie palpable, une douce chaleur qui nous envahit. De plus, l’héroïne n’est pas une novice, nous n’avons donc pas droit au sempiternelle atermoiement sur la nouveauté de la chose. Non, ici, Marla est une femme qui n’assume pas vraiment son corps, mais au contact de Damien, va s’éveiller aux jeux érotiques et sensuels, et découvrir, par d’autres pratiques, les plaisirs de la chaire, et enfin s’assumer.

L’écriture est plus travaillée que dans certains romans de ce genre, et le lecteur appréciera que l’auteur est pris le temps de détailler certaines scènes, les rendant plus réelles au moyen d’odeur et de couleur. Il n’y a pas uniquement des scènes de sexe, et cela rends l’histoire d’autant plus crédible. L’auteur prends le temps de planter un décor, un univers, et des personnages au moyen d’une écriture fluide, chargée de tension, mais pas uniquement. Elle démontre avec brio qu’un roman érotique peut-être autre chose, un roman sur le doute, sur la découverte d’un monde nouveau et de pratique nouvelles, avec des gens parfois éloignés de nous, mais qui eux, nous comprennent. Il faut seulement savoir être ouvert… ( sans mauvais jeux de mots, je sais, je vous ai vu sourire ! )

Cette lecture aura donc rempli son rôle malgré une intrigue parfois un peu bancale et simpliste, mais très recherchée au regard de la littérature érotique. De plus, c’est une véritable ode au corps féminin et à l’évolution de la gente féminine à travers les siècles. Mesdemoiselles, Mesdames, enfin un roman érotique fait pour nous !

  • Points positifs : un style plus travaillée que l’on si attends dans ce genre de littérature, les thèmes de la maternité des différentes époques, scènes de sexe justifiées, une saga qui comporte des personnages différents à chaque tome

  • Points négatifs : une intrigue parfois cousue de fil blanc

Petit plus ; Seulement 3 des 7 romans prévus, sont parus, du moins en France.

L’auteur :

C’est en 2002 qu’Erin McCarthy vend son premier roman par l’entremise du site web de l’auteure Lori Foster. Aujourd’hui bien connue pour ses récit audacieux où le paranormal et la romance priment, elle est l’une des auteures les plus en vogue aux Etat-Unis.

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6 réflexions sur “Les 7 péchés capitaux – tome 1  »Luxure et rédemption » de Erin McCarthy :

  1. Et bien, tu sais nous tenter 😀 Nul doute que si je tombe dessus, il atterrira bien vite dans mon panier 🙂 Il m’a l’air bien plus développé et intéressant que les romances érotiques en vogue, et cela me plait. A voir, très vite ! Gros bisous ma belle, et très bon réveillon ❤ ❤

    • Ah tu es chou, merci cela fait très plaisir =) J’ai été, en effet, étonnée par l’intrigue de fond qui se développe, qui peut paraître simpliste, certes, mais au moins elle tiens la route, et l’auteur ne fait pas que du sexe, et ça j’ai adorée ! On a l’impression que le lecteur n’est pas pris pour un idiot.
      Gros bisous à toi ❤ Bon réveillon !!!

  2. Tu as l’air assez satisfaite de ta lecture, ça fait envie… Pour ma part, depuis ma petite déception avec « Dévoile-moi », j’hésite vraiment à me lancer à nouveau dans ce genre, j’ai un peur que tous se ressemble un peu trop…

    • Avant de me lancer dans les nouvelles parutions, j’ai eu envie de tester un titre paru il y a déjà quelques années, afin de me plonger dans le genre tranquillement. Résultat, j’ai beaucoup aimée car il y a une vraie intrigue derrière le sexe. Je comprends que tu sois rebuté après ta déconvenue, laisse peut-être passer un peu de temps, et reviens vers ce genre de lecture plus tard. Mais il est vrai, que la plupart ce ressemble, je pense. Une attirance hors du commun, bestiale, et le tour est joué. Heum un peu simple, et c’est dommage.

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