Embrassez-moi de Katherine Pancol (édition Le Livre de Poche)

Résumé :

 » C’est à New-York aujourd’hui. C’est à Rochester dans les années 1980. C’est à Hollywood… C’est à Paris… C’est en Tchéquie avant et après la chute du Mur…

Angela est française. Elle est souvent passée à côté de l’amour sans le voir mais cette fois, elle est face à sa peur viscérale d’aimer…

Louise est américaine, ancienne star de cinéma. Elle dialogue avec Angela, lui raconte sa vie, ses amours, ses échecs.

Virgile est français. Il aime, mais il se méfie, on ne sait presque rien de lui…

Mathias est tchèque. Rien ne peut le détourner de sa route. Il refuse de s’abandonner.

Ces femmes, ces hommes traversent le chemin d’Angela, la narratrice, qui cherche désespérément un fil. Le fil de la mémoire, de l’amour, du désir, de la liberté d’aimer ou de répéter sans arrêt les mêmes peurs, les mêmes douleurs, les mêmes échecs…  »

 

Mon avis :

En refermant ce livre, j’avais une boule dans la gorge, un malaise au creux du ventre et une douleur dans le cœur. Ce roman m’a prise au corps, littéralement…

L’histoire est celle d’Angela, que nous découvrons dans une maison de repos, vivant uniquement dans ses rêves, dialoguant avec les absents, en en oubliant les personnes réelles et surtout la vie réelle.

Une infirmière, la connaissant de part ses romans, lui propose d’écrire afin de la sortir de cet état de torpeur. Ainsi, chaque soir, cette jeune femme va apprendre à connaître la vie d’Angela, a travers les différents individus qui ont marqués sa vie.

On retrouve donc ses amies New-Yorkaises pour le moins superficielles, ancrées dans une vie professionnelle et un mariage qui les étouffent. La caricature de femmes dont les rêves sont mis entre parenthèses, contrairement à Angela qui vaque, et se construit par ses rêves, ses actions et ses amours.

Mais également, son amie Louise Brooks, ancienne actrice, qui incarne, paradoxalement, l’image de la femme fatale et de la douceur d’un foyer. Une mère de substitution pour Angela, elles se rejoignent par une enfance disloquée et une vie amoureuse chaotique, qui construisent leur personnalité au jour le jour.

La gente masculine est représentée par le meilleur ami de la narratrice, Virgile, une épaule sur laquelle pleurer, rire et se confier, mais parallèlement, on ne sait presque rien de sa vie. Lui, au contraire des autres, ne soliloque jamais, ne se perds pas dans des digressions sur ses sentiments, mais sur l’art qu’il aime par dessous tout. A trop intérioriser, ce personnage va finir au bords de l’implosion…

Dans tous les romans il y a ce protagoniste masculin, si vous savez, le grand brun ténébreux, fuyant et torturé… Ici, Mathias, l’incarne à la perfection ! C’est un tchèque de part ses origines, qui est venu en France, pour prouver au monde et surtout à lui même, qu’il est possible de réussir une vie dans un pays étranger, sans renvoyer l’image d’un  »immigré » exploité. C’est un personnage ambitieux et fière, qui ne se laisse pas aborder en profondeur. Constamment sur la défensive, la fuite, il est celui qui rends les filles folles ( moi la première ! ) sans le chercher.

Ils symbolisent avec Angela un couple complexe, fragile autant que fort. Une phrase de Mathias, résume parfaitement leur histoire :  » Tu ne comprends pas que ce que tu aimes en moi, c’est ce que je te refuse…  ». J’ai aimée leur couple, leur interrogations, parce qu’ils me semblaient humains…

A la fin du roman, nous comprenons donc la dépression d’Angela, et le début semble se rattacher à la fin, le tout formant un cycle.

En ce qui concerne l’écriture de Katherine Pancol, ce fût un réel bonheur de la retrouver : elle décrit la douleur, sans pathos, le bonheur, sans fioritures inutiles. Ses personnages sont toujours plus que ce qu’ils paraissent, et ses histoires nous apprennent toujours énormément sur la vie…

  • Points positifs : l’écriture forte et fragile, l’auteur sait parler d’amour pour tous les sexes, la fin tragique à souhait nous perfore le cœur, le personnage de Louise Brooks qui est à la fois une femme fatale et une figure de mère douce et aimante comme on en rêve, et enfin Mathias qui est l’homme que l’on veux toutes ! ( je suis tombée amoureuse de lui, moi aussi !)

  • Points négatifs : les nombreux épisodes de la vie de Louise qui nous perdent un peu chronologiquement ( mais qui s’insère parfaitement dans la vie d’Angela ), l’épisode de la panne d’avion, qui aurait pu peut-être être détournée.

Extraits :

 » Les gens qui ont les mêmes expériences sexuelles se le font comprendre par un regard.  » ( p. 74 )

 » L’amour, ce n’est pas un mot d’amour tous les matins, […] l’amour ne se dit pas, il se vit.  »

( p. 109 )

 » Tu ne comprends pas que ce que tu aimes en moi, c’est ce que je te refuse…  » ( p. 116 )

 » On n’apprend pas comment se conduire en amour.  » ( p. 134 )

L’auteur :

Katherine Pancole est arrivée à 5 ans en France.

Elle fait des études littéraire, puis  » au hasard d’une rencontre  », selon ses propres mots, devient journaliste. Plus tard un éditeur lui demande d’écrire un roman : ce sont les prémices de  »Moi d’abord », en 1979.

Suite à cela, elle part prendre des cours  » d’écriture de nouvelles, de romans et de scénarios  » à la célèbre Université de Columbia, à New-York.

Trois romans s’enchaînent  » La Barbare  »,  » Scarlett, si possible  » et  » Les hommes cruels ne courent pas les rues  ». L’écriture prends toute la place :  » Je découvre que c’est dur et que c’est facile, que le temps passe si vite ou si lentement. Que j’ai envie d’arrêter ou de ne jamais arrêter…  »

Sa manière d’écrire me fait penser au personnage de Joséphine dans son roman  » Les yeux jaunes des crocodiles »  :  » Mes journées se déroulent selon un rite immuable : lever, thé anglais, lecture des journaux, maison à faire tourner et papiers à remplir, promenade avec le chien Chaussette et enfin… seule, face à l’ordinateur, je retrouve mon autre monde, mon univers imaginaire avec des mots, des personnages, des idées qui volent dans l’air et que j’attrape. Ou pas. Certains jours, je les ramasse à la pelle, d’autres, je me lamente dans le désert !  »

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3 réflexions sur “Embrassez-moi de Katherine Pancol (édition Le Livre de Poche)

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